La préférence pour l’inégalité

Introduction au débat, L’arbre à palabres du 26 février 2026 à Beaurepaire

Je vais parler à partir du livre de François Dubé, La préférence pour l’inégalité.

Ce titre peut surprendre, parce que tout le monde prétend lutter contre les inégalités, contre les discriminations.

J’élargis son discours à partir d’autres auteurs que je ne vais pas nommer pour ne pas alourdir le propos. 

F.D dresse un premier constat : malgré tous les discours que l’on tient, le pognon de dingue que l’on y mettrait, on doit poser des actes curieux puisque les inégalités se creusent. Aujourd’hui, après un mouvement de réduction, elles se creusent à nouveau et on retrouve le niveau des inégalités au moment de la guerre 14/18.

Au moins 4 questions se posent :

  • Dans quelle dynamique sommes-nous ? Soit quelles sont les conséquences en terme d’inégalités, des choix politiques que nos représentants font en notre nom ?
  • Que va-t-il se passer pour les gens qui sont au bord si on continue ?
  • Comment celles et ceux qui n’y sont pas vont faire pour ne pas être menacés par Cees et ceux du bord ?
  • Comment allons-nous faire pour admettre psychiquement l’élimination des plus pauvres, y compris sous nos yeux, si c’est le choix par défaut qui s’impose ?

Les arguments qui circulent dans le débat public, les discours que l’on entend pour justifier les inégalités, sont principalement :

  • c’est bon pour la croissance car ce sont les riches qui nourrissent les pauvres, et non pas l’inverse
  • l’égalité est un concept abstrait. L’inégalité est naturelle

Je rappelle que l’Egalité laïque, ce n’est pas l’égalitarisme ; c’est l’égalité devant la loi, l’égalité de statut d’humain : nous naissons libre et égaux en droit, et la Fraternité nous rend responsable de la liberté et l’égalité de l’autre, du plus faible notamment. La solidarité concerne plutôt les conditions de vie, l’entraide et la réciprocité. 

F. Dubert ne fait pas la différence entre Fraternité et Solidarité. Le débat a eu lieu en 1789, et le choix a été fait de ne pas retenir la Solidarité. Bon de toute façon on s’assoie sur les deux.

Pour F.Dubet, il y a une crise des solidarités qui est liée  à une perte du lien social. Les réseaux sociaux sont devenus l’accusé principal, mais pour lui c’est plutôt lié d’une manière générale à l’organisation de la société qui détricote le lien social.

Je rappelle M.Thatcher. There is no such thing as a Society. Une société ça n’existe pas. En clair, nous sommes juste une collection d’individus égoïstes. C’est le fondement idéologique de l’économie libérale, et actuellement des libertariens et des néo-réactionnaires. La Fraternité et la solidarité sont des concepts creux dans cette pensée.

Il y a au moins 2 conceptions de la Liberté que nous ne mettons jamais en débat – où pourrait-on le faire ? – conceptions qui pourtant s’opposent violemment dans les élections sans que jamais nous ne les nommions explicitement :

    • 1 la liberté sans limite de l’individu ; c’est la gloire des entrepreneurs, des innovateurs, qu’ils soient économiques ou artistiques ou simple quidam. « Je fais ce que je veux ». Avez-vous noté que c’est un discours de délinquant ?

Quand vous entendrez la droite parler de liberté dans les campagnes électorales, elle parle de cette liberté-là. Et donc toute entrave à cette liberté est du fascisme rouge ou vert. Cette liberté fonde les accords commerciaux internationaux que les questions écologiques ne peuvent empêcher. C’est écrit en toute lettre.

Vous entendrez la gauche progressiste mettre en avant cette liberté dans la création, dans le choix de vie de l’individu, qui peut choisir son sexe et/ou son genre. 

Ces gens peuvent pourtant s’opposer violemment car s’ils ont la même conception de la liberté, ils ne l’appliquent pas dans les mêmes domaines. 

  • 2 La liberté individuelle limitée par celle de l’autre. C’est la liberté laïque qui fonde le principe de précaution par exemple. Je ne peux pas faire n’importe quoi et la loi définit notre rapport, nos contraintes. C’est la Liberté inscrite dans notre triptyque républicain.

Formidable si vous arriviez à vous prononcer sur votre conception de la Liberté.   Pas en fonction d’une situation actuelle où vous auriez un intérêt, mais conception qui ferait loi. Attention, il y a un piège. Je vous le montre ?

  • Si vous dites que la population doit décider de sa conception de la liberté, c’est que vous admettez que nous sommes une société où votre liberté peut être limitée par celle des autres, ici par leur vote.
  • Si vous ne voulez pas être limité par les autres, alors vous devez empêcher tout vote, voire même empêcher toute réflexion sur un tel vote, ou ne pas en tenir compte. La démocratie directe devient un problème et non pas une solution, Trump avance sur cette pente et d’autres avec lui.

Je vous invite à demander à vos candidats préférés quelle est leur conception de la liberté.

Mais il y a une question que ne pose pas F. Dubet :

Quel est le rôle de l’Etat ?

    • 1 garantir le bon fonctionnement d’une économie de compétition mondialisée, qui repose sur la liberté sans limite des entrepreneurs et accessoirement sur l’avidité de la finance ? Economie first en quelque sorte. Je vous remets en mémoire que si l’Assemblée Nationale débat de nombre de choses, elle ne débat jamais de la mise en oeuvre ou l’interdiction d’innovations qui changent radicalement et définitivement notre monde et notre avenir. Ici l’Etat peut être réduit à la défense de la propriété et à la sécurité de sa personne.
  • Ou 2 garantir la Liberté et l’Egalité ? Permettre l’émancipation des individus, leur permette de penser leurs assignations et aliénations, leur permettre des conditions de vie décentes. C’est-à-dire garantir l’autonomie financière de tout un chacun – condition de la liberté de penser – quitte à limiter d’autres qui pourraient se poser en maîtres. L’économie dans ce cas doit être au service des humains, elle est un moyen et non pas un but en soi.

Une fois votre choix fait, vous pourrez répondre à la question :  Quel sens a l’impôt ? 

Dans le premier cas, vous payez toujours trop d’impôts car il y a toujours trop d’Etat ; au final une police armée et une armée suffisent. 

Dans le deuxième cas, il n’y a pas de limite à l’imposition car on prélève en tant que de besoin pour atteindre les objectifs humains prioritaires. 

La question devient : quelle doit être la juste contribution de chacune chacun ?

Un pas de côté historique pour comprendre les jeux d’acteurs et les enjeux. 

Je vais vous lire une déclaration faite au siècle dernier dans un organisme international, vous devez devinez qui a pu l’inspirer. 

Une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale;

Il existe des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes l’injustice, la misère et les privations, ce qui engendre un tel mécontentement que la paix et l’harmonie universelles sont mises en danger ; 

il est urgent d’améliorer ces conditions : par exemple, en ce qui concerne la réglementation des heures de travail, 

la fixation d’une durée maximum de la journée et de la semaine de travail, 

le recrutement de la main-d’oeuvre, 

la lutte contre le chômage, 

la garantie d’un salaire assurant des conditions d’existence convenables, 

la protection des travailleurs contre les maladies générales ou professionnelles et les accidents résultant du travail, 

la protection des enfants, des adolescents et des femmes, 

les pensions de vieillesse et d’invalidité, 

la défense des intérêts des travailleurs occupés à l’étranger, 

l’affirmation du principe «à travail égal, salaire égal», 

l’affirmation du principe de la liberté syndicale, 

l’organisation de l’enseignement professionnel et technique et autres mesures analogues;

La non-adoption par une nation quelconque d’un régime de travail réellement humain fait obstacle aux efforts des autres nations désireuses d’améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres pays;

Mues par des sentiments de justice et d’humanité aussi bien que par le désir d’assurer une paix mondiale durable, et en vue d’atteindre les buts énoncés dans ce préambule, etc..

Qui a inspiré ce discours ?
  Churchill – Roosevelt – Staline – De Gaulle – Georges Marchais – ou Obiwan Canobi

C’est Franklin Roosevelt, Pdt des Etats-Unis – sous l’influence en fait de sa femme  Eléonore, militante féministe, anti-raciste et en faveur des droits civiques ; lire sa fiche wiki – C’est le préambule de l’OIT (Organisation Internationale du Travail) tenu à la sortie de la guerre. Il a fallu quelques dizaines d’années seulement pour que tout ceci soit oublié. Il faut lire  le petit livre d’Alain Supiot qui raconte cette histoire,  L’esprit de Philadelphie.

Nota : après toutes les guerres il y a eu des progrès sociaux, il fallait bien que les propriétaires et le patronat récompensent la population qui avaient défendu leurs biens au prix de leur vie. C’était le temps de l’économie nationale. Il faut ensuite quelques décennies pour revenir sur les acquis, dont certains vous diront qu’ils sont des conquis, payés au prix du sang.

Mais quand l’économie devient mondialisée, c’est-à-dire quand vous avez des actions dans tous les pays, vous gagnez quoiqu’il arrive. Si en plus, au lieu de délocaliser vous pouvez délocaliser la main d’oeuvre, c’est-à-dire employer des gens avec des contrats de leur pays d’origine, alors l’intérêt des masses locales diminue fortement.

La solidarité 

Elle suppose un sentiment de fraternité dit F. Dubet. 

La Fraternité c’est la clé de voûte de la laïcité, Liberté, Egalité Fraternité. Mais la Fraternité c’est être responsable de la liberté de l’autre, du plus faible, et de l’égalité entre les individus ; curieusement on l’a placé en troisième position, et les spécialistes disent même qu’elle n’a aucune déclinaison dans la loi.

Dans le pseudo-débat politicien on est alimenté par le ras-le-bol fiscal, les assistés qui coûtent un pognon de dingue ; discours qui alimentent le choix de solidarités choisies, communautaires, de classe.

F.Dubet pointe très justement que lorsque l’on réduit le débat à l’opposition entre le 1 % et les 99 % pour parler des injustices et des inégalités, on oublie qu’à l’intérieur de chaque catégorie, toutes les situations ne sont pas égales, et on néglige qu’il y a des stratégies dans chaque catégorie qui alimentent les inégalités. 

Par exemple – il ne le dit pas comme ça – on peut essayer de tirer son épingle du jeu là où l’on est, on peut chercher à profiter d’opportunités, on peut essayer de garder un petit privilège.

Il donne des exemples 

L’urbanisme. 

En fonction des surfaces de terrain constructible, de leur prix, on peut sélectionner des populations. Voir anecdote St Clair du Rhône.

Autre exemple, les quartiers populaires sont toujours dans le vent des usines, de la pollution. Voir Lyon est et ouest. Vous regarderez où s’établissent les golfs dans le lyonnais. 

Quand on dit « on est trop nombreux sur terre », on pense à qui ? Pourtant en terme de coût écologique la différence est sans ambiguïté.

En fonction du statut des entreprises, on n’accorde pas les mêmes avantages. Savez-vous que l’Etat a payé les actionnaires du CAC 40 lors du confinement, car ces assistés-là ne pouvaient pas perdre leur gain.

Dans l’éducation. On a du mal à avoir les chiffres mais on sait que l’aide au privé est massif et crée une rupture dans l’égalité de traitement des élèves. Il note les stratégies familiales pour améliorer leur sort plutôt que d’améliorer le sort global. C’est-à-dire comment contourner la carte scolaire par exemple.

Dans la santé, on voit l’avantage donné au secteur privé, même si la population soignante augmenterait globalement et que les résultats sont plutôt bons. Il semblerait qu’il y ait actuellement une inflexion vers le bas.

Dans l’aide aux propriétaires d’une manière générale. On dira que c’est bon pour le tissu artisanal local, mais donner le même argent au smicard non-propriétaire  qui le dépenserait illico sur le territoire favoriserait également le tissu local. Mais dans un cas c’est du soutien, c’est la politique dite de l’offre, dans le deuxième cas c’est de l’assistanat.

En fait, tout ce qui a été créé en terme de redistribution des richesses, de réduction des inégalités par la fiscalité, est transformé progressivement, disqualifié en aides sociales, en assistanat. Pourtant, plus on est riche et plus on est assisté ; si vous connaissez la notion d’esclave énergétique, vous savez que plus on est riche et plus on a d’esclaves énergétiques, donc plus on a une empreinte carbone qui impacte le bien commun.

L’égalité des chances

Dans le discours économique, la solidarité a été remplacée par l’égalité des chances. Dans le discours seulement car on n’arrive même pas à le faire réellement. Ce qui humainement se comprend : par exemple qui voudrait aider l’enfant de son voisin à prendre la place de son propre enfant s’il n’y a qu’une place au soleil ?

Mais la politique de l’égalité des chances que l’on nous vend comme juste,  pose la compétition comme naturelle et indiscutable. Nous sommes dans une économie de compétition et nous sommes tous en compétition les uns par rapport aux autres. Il s’agirait simplement de faire en sorte que la compétition soit juste. Mais que faire des perdants ?

Anecdote personnelle : A l’université de St Etienne, cité ouvrière, où je donnais quelques cours à des bac+3, quand la confiance était établie, je donnais un cours sur le racisme.

Je leur demande les sources de discriminations, ils trouvent tout. Je leur dis : il manque la compétence. “Non, rétorquent-ils, la compétence c’est justement ce qui permet de nous dégager des discriminations”.J’insiste : Oui, si le sort des perdants est garanti. Ils me disent : “ils n’avaient qu’à travailler”. “Mais dans ce cas, dis-je, ce serait vous les perdant”s. “Ils n’y en a pas pour tout le monde, c’est comme ça”, concluent-ils. Pause. Quand ils reviennent, ils viennent me voir : “Monsieur, ce n’est pas ce qu’on voulait dire. “
Oui, mais c’est bien ce qu’ils avaient dit, c’est-à-dire qu’ils avaient intégré la règle du jeu. De la nommer explicitement leur à fait apparaitre son horreur.

Que faire des poètes, des incompétents, des accidentés, des traumatisés, des échoués scolaires, des refusants, des décroissants, des psychologues freudiens, etc.. ?

Cette logique de la compétition a une conséquence… logique : 

les perdants sont responsables de leur échec, et on est bien bon de leur faire la charité alors qu’ils ne servent à rien… en temps de paix. Ils nous freinent, or l’innovation et la rapidité seraient la condition de la survie. 

Au final, ce sont les plus fous et les hyperactifs qui imposent leur loi et la cadence à suivre, avec les résultats écologiques et économiques que l’on sait.

Le mérite, la compétence, c’est ce qui justifie au final les inégalités ; elles seraient justes car chacune chacun serait responsable de son sort. Bien sûr il faudra se débarrasser des sociologues qui démontrent que c’est un leurre : la réussite n’est pas liée à la personne, mais à son patrimoine familial et culturel, son réseau. Je rajoute en tant que psy : à ses identifications familiales notamment, à son propre rapport au pouvoir et à ses expériences de réussite. Sans compter les hasards de la vie.

Je passe sur la réalité de l’héritage qui fait la richesse plus que le mérite.
On parlera de la valeur-travail si vous voulez, qui n’est pas une valeur, mais une assignation pour justifier son existence sur terre en temps de paix quand on ne possède rien d’autre que soi-même.

On parlera aussi de la délinquance des élites, des gens qui réussissent si vous voulez.

Demeure une question : doit-on mériter des conditions décentes de vie ? 

Et qu’est-ce que des conditions de vie décentes d’ailleurs ?

 

Les fondements de la solidarité pour F.Dubet

L’interdépendance : j’ai besoin de l’autre qui peut avoir besoin de moi

Lien à créer pour se préserver de l’affrontement

Un imaginaire, une idéologie, une valeur. Même si je ne le connais pas, j’admets un lien de solidarité réciproque avec un autre, c’est à dire que je lui prête la même empathie que j’ai à son égard.

Pour penser la dimension de l’imaginaire, des valeurs, je fais une parenthèse avec un autre auteur. Johan Chapoutot, Les irresponsables, qui a porté Hitler au pouvoir ? Un livre important qui m’a alerté sur ce qui suit.

On nous a appris que le peuple allemand avait porté Hitler au pouvoir par les urnes ; il se trouve que c’est faux. Ce sont les élites économique financière et agraire qui l’ont voulu malgré la défaite globale du parti nazi aux élections. 

En revanche, et c’est pour cette raison que j’ai voulu organiser cette soirée : l’imaginaire de l’inégalité, la conception de l’inégalité entre les individus, entre les classes sociales, était largement majoritaire. Et c’est ce qui a permis le glissement d’un peuple, cultivé par ailleurs, vers la barbarie nazie.

Je veux dire par là que ce qui nous protège de la barbarie, c’est de tenir pour non naturelles et donc insupportables les différences de statut entre les individus, par conséquent pour insupportables les écarts immenses entre les conditions de vie ; pour insupportable une société qui volent des vies.

Si on cède sur le statut de semblable que l’on doit s’accorder à toutes et tous, alors on se met en danger, on tire sur un élastique qui va nous revenir en pleine poire un moment venu. Quand je dis ceci, je ne pense pas au fondement historique du RN, trop facile ; c’est le fondement idéologique d’une pensée économique qui organise le monde dit moderne. Mais c’est une barbarie quand c’est fait consciemment.

Ne pas s’occuper des inégalités, en actes et pas seulement en discours, c’est les accepter comme la pluie et le beau temps, comme naturelles donc. 

Une anecdote personnelle : Dans une entreprise où je travaillais dans une première vie, je croise à la photocopie une jeune femme visiblement handicapée, que je ne connais pas. Je me présente, je lui demande qui elle est. Elle était en stage de réinsertion. Comme elle voit que je prends le temps de l’écouter, elle me dit qu’elle était polytechnicienne et qu’elle avait fait un AVC, elle avait du tout réapprendre y compris déglutir et se servir de ses couverts. Cette jeune femme qui allait faire partie des gagnantes de la compétition était désormais une perdante que personne ne regardait. Elle vivait dans une grande solitude. Rappel Darwin : le vainqueur n’est pas le plus fort, mais le plus adaptable ; et c’est à condition que le hasard, les aléas, ne lui règlent pas son compte ! La solidarité est à cet endroit.

On peut faire la différence ici entre charité et solidarité. La charité sert à compenser les dégâts humains d’une politique que l’on ne remet pas en cause pour autant : il y a toujours eu des pauvres, il y en aura toujours, c’est comme ça. Avant on disait que c’était l’ordre voulu par dieu, naturel donc ; plus aucun pape ne dit ça. Aujourd’hui on dit c’est la compétition et c’est au mérite, naturel donc. 

Guy Bedos disait dans un sketch : « ce bidonville, cette misère que l’on voyait en passant en voiture, mais quelle horreur ! Il fallait faire quelque chose ; alors on a mis un mur. »  L’essentiel est dit.

Invisibiliser l’autre pour soulager notre souffrance psychique est une stratégie psychique classique mais qui ne nous honore pas. Quand cet autre se rend visible, c’est forcément sur le mode de l’effraction, en brisant le mur du silence et de l’aveuglement. Il se rend détestable, mais à qui la faute.

La solidarité, c’est admettre que les inégalités ne sont pas naturelles, que j’ai besoin de l’autre potentiellement, qu’il y a une réciprocité, un rapport don/contre don. 

Si j’organise une société où je peux me passer de l’autre, la solidarité ne tient que par le fil de la valeur, l’imaginaire, c’est très fragile. L’IA nous inscrit un peu plus dans cette fragilisation du lien.

F.Dubet quand il parle des inégalités et de la solidarité oublie Darwin au passage. Je rappelle l’essentiel.

La violence est au fondement de la vie, la survie, et la compétition est inscrite dans nos gènes, elle est naturelle ; mais l’empathie et la solidarité aussi. Le souci du plus faible a été sélectionné par la sélection naturelle au cours de l’évolution, ce qui fait que la sélection s’est retournée contre la sélection elle-même, contre la suppression des plus faibles.. de notre espèce. C’est l’empathie qui a été sélectionnée au cours de l’évolution ; la capacité à s’identifier à l’autre.

Nous avons les deux en nous, nous sommes à la fois rivaux et pourtant solidaires face à l’adversité. Mais nous ne sommes pas des frères, ni comme des frères, qui partageraient la même mère cependant. Ça, c’est le communautarisme.

Je rappelle la figure du plus faible dans les contes de fée, dans les films. Toujours une situation où sans lui, l’aventure s’arrête. « On a toujours besoin d’un plus petit que soi ». Mais ça c’était avant disent les libertariens. Si les robots peuvent nous remplacer, et que nous cédons sur notre humanité, alors je ne donne pas cher de notre peau.

 

De fait, et ça pourra vous surprendre, nous sommes encore à ce jour dans des sociétés où la solidarité est la règle de base, malgré les inégalités qui se creusent.  C’est parce qu’il y a cette solidarité, d’abord familiale, structurelle, systémique, naturelle, que quelques personnes ou groupes peuvent piller les autres, les escroquer, les spolier. Si on se laissait gagner par la loi de la compétition généralisée, on arriverait assez vite à la guerre civile.

Je rajoute qu’il n’y a pas que la misère que l’on peut invisibiliser, il y a aussi les riches et les ultra-riches qui s’invisibilisent. Voir Charlotte Pinçon-Charlot qui pointe avec Bourdieu l’importance du capital symbolique, et la solidarité mais de classe. Et le cercle dont elle parle.

 

Pour Dubet, le sentiment d’être des semblables, qui se fait par une intégration au corps social, se faisait par le travail, les institutions, la Nation. Or, ces trois piliers de la solidarité sont fissurés, attaqués voire démolis.

Le travail. C’était probablement le premier dispositif d’intégration à la communauté national, avec les services associés.

Il faudra parler de son évolution, du détricotage par le management de toutes les solidarités et de la mise en compétition. Je peux témoigner de la dégradation du travail dans le secteur psychiatrique.

On peut aussi pointer la notation généralisée, parfois sous forme de game (c’est le terme). Ex à la télé toutes les émissions où il s’agit de mettre une note à quelqu’un. Ça devient une évidence. A bas bruit, on se transforme tous en prestataires de service, jetables et remplaçables donc. 

Il y avait des tests à Pôle emploi où on vous demandait après un travail de groupe ce que vous aviez pensé de telle ou telle personne. Ce qui était testé c’était votre compétence à balancer sur les autres, donc à ne pas faire corps face à une autorité. 

Les Institutions. A la suite de la religion, c’est principalement l’école qui jouait ce rôle d’intégration à une communauté nationale. Elle ne peut plus jouer ce rôle pour des causes multiples que vous pourrez évoquer.

La Nation. C’était une culture nationale, une économie nationale et une souveraineté politique. Qu’en reste-t-il ?

On voit que la Nation n’est plus souveraine, elle s’est fondue dans l’Europe et dans une compétition mondiale. Elle n’est plus un creuset dans lequel chacun peut se reconnaître, elle ne fait plus appartenance. Le foot ne suffit pas à faire du semblable au niveau national .

Une question qu’on ne nous pose pas dans le pseudo-débat politique, mais que je vous pose, est celle des limites. 

Existe-t-il une limite basse aux mauvaises conditions de vie ? A savoir qu’est-ce qui est supportable comme difficultés dans une société de semblables ? On voit qu’en Inde, des gens qui n’ont pas la même conception de la vie, du destin, il n’y a pas de limite basse : c’est le karma.

Existe-t-il une limite haute à l’accumulation de la richesse, à la propriété terrienne, à la destruction des conditions de vie des autres ?  On voit que les anglo-saxons,  de culture protestante et débarquants dans des espaces immenses, nous reprochent de ne pas aimer les winners sans limite.

C’est un questionnement que je vous renvoie : quelles sont les limites que vous trouvez juste en terme de différences de salaire, de différences de propriété, d’espace de biens, etc…. Bon il n’y aura pas de RIC là-dessus avant longtemps. Il pourrait y avoir un RIC sur le droit à mourir dans la dignité, pas sur celui de vivre dans la dignité.

Je rappelle qu’en 1789, les révolutionnaires ont inventé la représentation élective contre la démocratie directe, justement pour éviter que les pauvres qui étaient les plus nombreux votent des lois pour spolier les riches et vivre à leurs crochets. Cette peur, ce mépris du petit peuple, alimente toujours le débat politique.

Inégalités et discriminations

F.Dubet pointe une difficulté entre la volonté (laïque) d’être invisible sur sa différence (je suis un être humain comme les autres), et le besoin d’être reconnu dans ses différences individuelles ou communautaires qu’il faut absolument afficher et défendre, surtout si elles font l’objet de discrimination, supposées ou réelles.

La perte des liens noués au travail, dans le rapport à la Nation, renvoie les individus à leur particularisme, à leur différence, là où tout le monde peut se sentir discriminé, en manque de reconnaissance. On glisse ainsi des inégalités issues d’un système, d’une organisation sociale, à la discrimination dont les responsables sont les autres, les voisins.

Cette tendance à l’individualisation de toutes les souffrances conduit à se poser la question du commun qui ferait de nous des semblables. Il propose que la vie sociale elle-même produise la cohésion sociale. Ça veut dire faire du lien bien sûr, base de toute communauté.

Comment produire de la solidarité, sans passer par un impossible retour en arrière ? Comment produire du commun, c’est-à-dire ce plus petit dénominateur qui nous lie encore et nous liera demain. Il ne cite pas le langage mais c’était un lien puissant, on voit comment il est mis à mal. Il faut en trouver un autre, d’autres.

Il propose d’élargir la démocratie, de faire là où c’est possible, localement, plus de démocratie directe. Il ne développe pas beaucoup, mais on pourrait s’y attarder et poser la question :

– À partir de quoi, de quelles expériences concrètes fait-t-on communauté, solidarité, localement puis nationalement ? Autre que la guerre bien sûr et la recherche d’un bouc-émissaire.

Bon, je vais m’en tenir là même si je suis injuste avec ce sociologue, il y a déjà beaucoup de matière à penser, à débattre

Pour conclure, je vous rappelle les questions de fond que j’ai semées :

  • Dans quelle dynamique sommes-nous ? Soit quelles sont les conséquences en terme d’inégalités des choix politiques que nos représentants font en notre nom ?
  • Que va-t-il se passer pour les gens qui sont au bord ?
  • Comment celles et ceux qui n’y sont pas vont faire pour ne pas être menacés par celles et ceux du bord ?
  • Comment allons-nous faire, psychiquement, pour supporter en silence l’élimination des plus pauvres, si c’est le choix qui s’impose ?
  • Quelle est votre conception de la liberté ? Avec ou sans limite ?
  • Quel est le rôle de l’Etat, et donc de l’impôt ?
  • Est-il juste ou injuste de fixer une limite basse à la pauvreté et une limite haute à la richesse ? Voire est-il juste de se poser la question ?
  • Doit-on mériter des conditions de vie décentes ?
  • Doit-on mériter et justifier son existence ? Doit-on mériter les conditions de sa liberté de penser ?

Je vous poserai in fine un petit travail :

A quoi ça pourrait ressembler une politique locale de lutte contre les inégalités structurelles ? 

Article non finalisé mais en période électorale, la précision peut attendre

Filons la métaflore

L’expression conventionnelle est : filer la métaphore, ça veut dire déplier une représentation des choses dans plusieurs dimensions. Je trouve que métaflore est une belle métaphore pour parler de la façon nous pensons nos villages et leur problématique. 

Nous pensons toujours à partir de la représentation que nous avons des choses, ou d’un schéma de pensée, un pattern. Ici, il s’agira de notre façon de nous représenter notre village, notre territoire, notre région. Cette représentation est inspirée d’une métaphore végétale :  un village est comme une fleur, il doit être attractif s’il veut attirer les forces vives, sous peine de dépérir.

L’histoire. Quelqu’un évoque la nécessité d’attirer des jeunes couples si l’on ne veut pas que la petite école périclite et ferme. Sans enfants, sans un commerce, un village périclite. Sans zone industrielle et sans lotissements pour les petits budgets, idem. On risque la désertification dans un village-dortoir comme il y en a beaucoup dans les grandes banlieues. Cette façon de se représenter les choses est banale, du coup elle ne fait l’objet d’un examen critique.

L’angoisse est bien dite : la croissance c’est la vie, si on ne croit pas alors on régressera vers la mort. Pour croitre il faut être attirant, séduisant, à la page, modernisé, maquillé, animé, voire sexy pour attirer. On appellera ça l’attractivité. Difficile de résister au projet présenté comme ça : qui ne voudrait pas être belle ou beau ?

Attirer qui et quoi ? Attirer les jeunes pour qu’ils se reproduisent ici, et par la suite les investisseurs à qui il faudra proposer des conditions attractives donc, si on ne veut pas qu’ils aillent butiner ailleurs. Nous sommes donc en compétition entre villages, entre territoires, entre régions, entre pays. Nota : les seuls qui ne sont pas en compétition sont les investisseurs (les pollinisateurs) qui ont des fleurs dans tous les pays (faut pas être stupide non plus), quoiqu’il arrive, ils feront leur miel.

La fleur (♀︎) déploie tout un arsenal de ruses et de leurres pour attirer les pollinisateurs (♂︎). Pour le plaisir des mots, j’appelle ça la métaflore. Nous serions comme des fleurs, passivement installées, qui doivent attirer les bourdons actifs courageux et braves, quitte à en faire beaucoup, “Tu viens chéri ?”, quitte à être dans la surenchère permanente, jusqu’à payer les bourdons.

Que nous utilisions une métaphore végétale pour nous penser, pour nous représenter, n’est pas nouveau : les populations se sont toujours perçues comme leur environnement. Voir les nombreuses expressions telles : le blé en herbe, les jeunes pousses, la pépinière, les filles en fleur, etc…

Ce qui change, c’est désormais la référence aux technologies : faire un reset, une mise à jour, j’imprime pas, je sature, il a buggé (c’est français), etc..

Si je file un peu plus cette métaphore de la métaflore.

La croissance serait naturelle et une finalité indépassable : soit tu croîs soit tu meurs. C’est vrai pour la fleur. Si c’est pas toi qui croîs c’est le voisin, et donc tu mourras parce y’en a pas pour tout le monde : quelqu’un doit mourir, c’est la règle du jeu, le cycle naturel.  

La compétition entre les fleurs serait la loi naturelle de la prairie. Une fleur doit trouver son créneau, c’est-à-dire trouver le genre de pollinisateurs qu’elle veut attirer en fonction de ce qu’elle est. Une marguerite n’est pas orchidée, mais chacune peut trouver sa place dans la prairie si elle se spécialise, au moins en partie.

Les pollinisateurs, ce sont ces fameux riches qu’il faut attirer, et on n’en a jamais assez, sans eux pas de croissance, pas de reproducteurs, pas reproduction. Et la mort donc.

Sur le plan économique, c’est confondre les investisseurs et les investissements. Qu’il faille de l’argent pour investir de l’argent dans un projet, c’est tautologique, mais qu’il faille de l’argent privé pour investir dans des ouvrages et oeuvres collectives, ce n’est pas une loi naturelle, c’est un choix idéologique. Il peut y avoir des investissements publics et/ou collectifs. La condition c’est qu’on ne se pensent plus comme des fleurs. Par exemple, actuellement se développe des associations de citoyens pour financer des énergies renouvelables (sur EBER il y a du solaire citoyen avec EnRici), mais des mairies préfèrent confier les toits de leur commune (qui appartiennent à la communauté) à des investisseurs privés. C’est de mon point de vue une double trahison.

Sur le plan environnemental, cela amène nombre d’élus, et nous aussi souvent, à confondre l’environnement avec le décor. Or ces deux conceptions s’opposent frontalement. Penser le décor c’est se faire fleur, se faire belle ; penser l’environnement c’est se faire sûr, agréable, juste ; car il y a une limite ultime à tous nos fantasmes (la branche sur laquelle nous sommes assis !?), elle est physico-chimique.

Il y a une collusion non dite entre les investisseurs et les propriétaires. Plus le village est attirant, attractif, et attire donc, et plus le foncier prend de la valeur ; une véritable mine d’or dans certains endroits pour les propriétaires terriens ou immobiliers. Imaginez les fortunes faites dans le grand Lyon par les anciens maraichers propriétaires terriens.

Question : qui paie au final les investissements dans le décor, et sa transformation, pour que les investisseurs viennent fertiliser les terrains ? En fait puiser les ressources jusqu’à l’épuisement, comme le ferait des sauterelles en fait. Vous connaissez la réponse. 

Nota : aucun investisseur n’a jamais investi pour créer le moindre emploi, mais pour faire des bénéfices… quitte à supprimer des emplois. Et au risque de partir ailleurs après avoir prélevé toutes les richesses naturelles du territoire. Conséquences : il faudra développer des stratégies de fleurs pour les fidéliser. Comment fait-on ? On met toute notre jeunesse au service des bourdons : elle doit être belle, employable, désirable, adaptable, reproductive (sinon c’est la trahison suprême), et si possible pas trop chiante voire docile. Il s’agira de la menacer d’être une menace pour les bourdons pour la faire taire, voire la combattre.

Non seulement tout ceci est un jeu de dupes – le no-limit c’est le paradis, mais sur terre c’est l’enfer – c’est un jeu mortifère : 

  • la croissance infinie n’existe que dans nos rêves les plus fous ; 
  • la compétition n’est qu’un aspect de la règle du jeu de la nature, l’autre  aspect c’est la collaboration ;
  • L’optimisation est le contraire de la règle en biologie qui est l’efficacité moyenne pour rester adaptable aux aléas : c’est la variabilité du vivant que le rend robuste.
  • Croitre dans un monde limité c’est admettre implicitement la mort des plus faibles, de celles et ceux qui ne servent pas un maitre quelconque. Il faudrait donc admettre comme naturelle l’inégalité entre les individus, la hiérarchie entre les individus. Travail idéologique de fond en cours, et on a tort de le négliger.

Alors pourquoi la logique économique – qui n’est bien entendu pour rien dans les aléas climatiques et les risques de basculement dans une planète-serre – continue-t-elle dans la même logique destructrice, tout en le sachant ? Pensez-vous vraiment que les investisseurs sont stupides pour méconnaître les conséquences de leurs choix, de leurs actes ?

Les conséquences, qu’ils assument et qu’ils nous feront assumer si l’on y prend garde, c’est la guerre civile pour les ressources, suite logique de la compétition dans un monde limité. “Il n’y en aura pas pour tout le monde”, et les moins adaptés disparaitront : ce serait la loi de la nature, et ce sera donc de leur faute.

Pour résumé. Si, investisseurs ou propriétaires ou courtisans, vous imposez dans les têtes la compétition, l’attractivité et la compétitivité comme manière de penser, alors vous n’avez rien d’autre à faire : vous pouvez laisser les gens chercher les solutions, elles seront toujours à votre avantage au final. Mais au détriment du vivant et de l’égalité entre les humains.

Il n’y a pas d’alternative.

Si l’on se dégage du discours idéologique dont je viens de parler (il n’y a pas d’alternative à cette politique), en posant la réalité des faits : 7 limites planétaires sur 9 sont dépassées, nous sommes à deux doigts de créer une planète-serre, la responsabilité totale des comportements humains dans cette situation, alors il n’y a pas d’alternative : nous devons changer notre logiciel (sic). Plus sérieusement, nous devons changer la représentation du problème, notre façon de penser, donc utiliser les bons mots pour décrire la situation. Il y a des gens qui parlent de nouveaux récits, je ne partage pas cette expression qui renvoie aux histoires que l’on raconteraient aux enfants ; je pense qu’il faut dire que nous devons changer de représentation des problèmes, de représentation de nous-mêmes. 

Une autre représentation. Pour garder une métaphore qui fait appel au biologique, car nous en sommes, voici une image.
Nous sommes comme toutes les cellules, de base ou organisées : il faut que des choses rentrent pour fonctionner, et il faut que des choses sortent, des déchets. Ces déchets sont des communs ! S’ils sont recyclables par d’autres organisent vivants, alors des choses vont circuler et nous rendre dépendants les uns des autres. C’est la relation symbiotique.
Si on produit des déchets non recyclables, alors on se met en danger. Si on épuise des ressources non renouvelables, alors on se met en danger.

Une solution ? Chercher un équilibre dit symbiotique. Dans ce cas l’accumulation sans limite, l’enrichissement sans limite, la cupidité, l’avidité, moteurs et justifications de notre économie, sont des dangers mortels.

Olivier Hamant, dans son Manifeste pour une santé commune, propose que toutes nos actions soient guidées par un triple souci, une triple attention : tout action doit être bonne pour la santé de l’environnement, bonne pour la santé humaine, bonne pour les relations sociales. L’économie n’est plus la finalité, mais un moyen au service de.

Il n’y a pas d’alternative, nous devons penser notre empreinte planétaire comme limite à notre développement, nous devons penser nos déchets non recyclables comme limites. Concrètement, ça veut dire que si nous voulons produire moins de déchets plastiques, alors il faut en produire moins. Si nous voulons produire moins de déchets CO2, il faut faire entrer moins de combustibles fossiles. Si nous voulons des sols vivants, qui ne soient artificiels donc des déchets, il ne faut pas faire rentrer des biocides. Si nous voulons de la biodiversité, nous devons lui laisser de l’espace.

Si nous voulons de bonnes réponses, il faut nous poser les bonnes questions. Il existe une méthode. Il ne suffit pas de la connaitre, il faut du courage pour l’utiliser, et apprendre à s’en servir.

Albert Einstein, « Si j’avais une heure pour résoudre un problème dont ma vie dépendait, je passerais les 55 premières minutes à chercher la meilleure question à me poser, et lorsque je l’aurais trouvée il me suffirait de 5 minutes pour y répondre. »