Article paru dans le n°7 de L’accord du Peuple

 L’avortement, les étrangers et l’adoption

Quel rapport ? Vous allez voir qu’il faut absolument faire le lien si on veut vivre en paix, en même temps, et peut-être même ensemble.

Des gens viennent chez nous sans y être invités – ou à l’invitation du patronat qui sert donc de bureau d’entrée à la place de la volonté populaire.

Ils font donc effraction à double titre dans la vie des autochtones. 1 on ne les a pas vu venir (quoique), 2 on ne les a pas désirés (sauf le patronat pour certains secteurs). Mais songez-y : depuis l’aube de l’humanité, avant la pilule,  avant l’avortement, l’immense majorité de l’humanité est arrivée de la sorte, par effraction. 

Ce n’est que récemment, grâce aux moyens de contraceptions, que l’on peut désirer la venue ou non d’un enfant. L’avortement permet même de refuser l’arrivée d’un potentiel bébé.

J’ai pu vérifier dans ma pratique combien c’est une grande violence narcissique de savoir que l’on est un “accident”, que l’on n’a pas été désiré, que l’on s’est imposé et que la question de l’avortement s’est posée dans le couple. Et pourtant, c’est la condition humaine d’être un étranger, car même si on est désiré, on ne correspond jamais au rêve de ses parents ; qui ont donc un travail de renoncement à faire. Et quand la question se pose d’accepter la venue ou pas d’un petit étranger, ce n’est pas de soi dont il est question puisqu’on n’existe pas encore. Il faut être né vivant pour être Sujet.

Ça fait beaucoup de choses à analyser.

1 La plainte des étrangers de n’être pas désirés ne peut pas être apaisée

2 La plainte des étrangers des tentatives d’avortement qu’ils subissent itou

3 Les gens qui sont contre l’avortement et pour l’avortement social des étrangers ne sont pas cohérents

4 Les gens qui sont pour l’avortement mais pas pour celui des étrangers ne sont pas cohérents

5 Les gens qui font des enfants par manque de protection contraceptive doivent s’interroger sur leur supposé non-désir d’enfant. 

6 Les gens qui maintiennent dans la misère la moitié de l’humanité doivent s’interroger sur leur non-désir de l’étranger.

6 L’important n’est pas d’avoir eu ou pas le désir d’un enfant, l’important c’est la rencontre. Elle se fait (on s’adopte) ou elle ne se fait pas (on s’abandonne, on kärchérise). Il faut être deux dans une adoption. Si les parents doivent accueillir la réalité qui ne correspond pas aux rêves, le nouveau venu doit accepter aussi de faire partie de cette famille.

La rencontre avec les étrangers se fait de moins en moins, nous vivons en même temps au même endroit, pas ensemble. Je prétends que la responsabilité est partagée. L’étranger doit surmonter cette blessure narcissique qui est la condition humaine d’avant l’avortement (99 % de tous les êtres nés à ce jour probablement) ; l’autochtone doit regarder l’étranger, lui apprendre sa langue, les rythmes doivent se négocier et se caler. Il faut une rondeur réciproque pour s’adopter.

Invisibiliser les étrangers, ou les tenir comme tels quelle que soit leur génération née en France, est une maltraitance. Se figer dans sa blessure narcissique et rester invisible, voire étranger, est un déni de la réalité de son désir de changement, son désir de liberté (la liberté est la première cause des migrations). Les deux font une bombe à retardement. Si l’on ne provoque pas la rencontre sur le mode pacifique, elle se fera sur le mode traumatique.
Ce non-désir de l’autochtone, pour le dépasser, il faut en accuser réception, l’accepter comme banal, universel même, et tant pis pour la culpabilité ou la blessure narcissique de l’autre. ; si on en parle jamais, on en paiera tous le prix. 

Mais comment s’adopter si.. on ne se rencontre pas ? Si on ne se parle pas ; s’il n’y a pas d’autres opportunités qu’une finale de la coupe du monde de football. Les opportunités pour vivre en paix on doit les créer, patiemment. “Un ennemi c’est quelqu’un qui n’a pas encore raconté son histoire”. 

Dans nos bulles, numériques ou autres, nous risquons tous d’être des invisibles, des étrangers les uns aux autres. IA et Kärcher pour tous ?

Si “parler ne sert à rien” ; alors construisons des prisons, dressons des murs et des miradors, et attendons les prochains aléas climatiques.

On nous divisera et on nous fera voter, puis nous taire, sur ces questions, alors qu’il y a urgence à se parler ensemble du reste, dont ça.

Petite nouvelle, à peine romancée, à partir d’une histoire rapportée par un professeur de ladite école de musique.

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Quand un capitaine des pompiers vous dit avec un  petit sourire dans la voix “entendu, à demain”, il ne faut pas raccrocher, il faut l’interroger. Je ne l’ai pas fait. J’ai eu tort.

  • Bon je crois qu’on est prêt. 

Je ne voyais pas ce que l’on pouvait faire de plus. On avait fait les choses comme convenu : il fallait balancer le fumigène, fermer la porte de la cave à clé, et rejoindre discrètement notre poste d’observation, derrière les écrans de surveillance.

Cette épreuve à laquelle je soumettais le personnel de ma petite école de musique, flambant neuve, allait être un summum dans ma carrière de directeur. Je n’étais pas peu fier de la cohérence de ma démarche. Je pensais être un exemple rare aux yeux du capitaine des pompiers qui avait supervisé le tout. Ça faisait 8 mois que je marchais la tête droite et un peu raide à cause du poids de mon idée géniale, et du secret total que je devais garder.

  • On va vite voir s’il reste quelque chose de la formation. 

J’étais sûr de mon coup. J’avais pris la peine d’organiser une formation incendie avec rappel au bout de 6 mois ; il y avait 2 mois donc. Tout était affiché correctement. Les consignes étaient claires. 

  • Qu’est-ce que c’est ? Yvonne, la secrétaire venait de voir la fumée monter des escaliers. Elle allait déclencher l’alarme, c’est sûr, et le personnel…

A ma grande surprise, je la vois s’immobiliser et réfléchir – elle réfléchissait beaucoup d’une manière générale – faire demi-tour tranquillement pour téléphoner à Robert, le factotum. 

  • Robert, tu peux venir s’il te plait, il y a de la fumée qui sort de la porte d’en bas. Le tout d’une voix calme. Et elle se rassoit. Je ne savais pas un tel attachement à sa mission première.

Ledit Robert n’avait rarement que ça fait à faire. 5 bonnes minutes pour qu’il fasse une entrée royale. Ils prennent le temps de se saluer ; comme tout allait bien pour les deux, ils descendent quelques marches. Pas de doute, il y a de la fumée.

  • Zut la porte est fermée à clef. Tu as les clés ? C’est embêtant, il faudrait les clés. Autant dire qu’il avait fini son travail. 

Ils remontent tous les deux, et de concert – la moindre des choses dans une école de musique – ils concluent que c’est effectivement embêtant ; et chacun retourne à ses réflexions. Ils réfléchissaient beaucoup d’une manière générale.

  • Je ne comprends pas. Qu’est-ce qu’elle fait ? J’étais un tantinet scotché devant l’écran installé dans ce local spécial de l’école de musique ; dédié au repli de la mairie jouxtante en cas d’inondations. Il ne se passait rien, alors que ce devrait être le branle-bas de combat. On a la responsabilité de la santé des gamins que l’on reçoit quand même !
  • On fait quoi ? Les bras m’étaient tombés.
  • Il faut aller déclencher l’alarme incendie discrètement. Vous y allez ? Merci au capitaine de ne jamais cesser d’avoir des bras.

Discrètement, je sors du poste de surveillance et je me glisse jusqu’au tableau incendie. Je déclenche l’alarme. Elle est assourdissante, ce coup-ci c’est parti mon kiki.

La sirène arrache à regret Yvonne de son poste de travail. Sacré Yvonne, une bête de somme.

  • Ça doit être la fumée qui sort d’en bas. Dit-elle d’une voix blanche à un parent dans le hall. Parent qui n’en est pas plus ému qu’elle. Encore un intellectuel.

Quelques secondes passent avant qu’un professeur, Simon, sans élève à ce moment, ne sorte de son bureau entre-ouvert et ne vienne jusqu’à Yvonne. Ils réfléchissent visiblement malgré la sirène.

  • Normalement il faudrait évacuer, on ne sait pas si c’est une vraie ou fausse alarme. Tente Simon face aux deux autres, perplexes. 
  • Comment ça normalement ! Ils ne savent pas que c’est un simulacre que j’ai conçu pour valider leurs compétences suite à la formation…?! Ils doivent faire comme s’il y avait réellement le feu ! Je m’enfonce dans mon fauteuil. Le capitaine reste silencieux à côté de moi.

Je vois sortir lentement des collègues surpris, hésitants. Faut dire que les bureaux sont isolés phoniquement, la sirène est supportable quand la porte est close.

  • Qu’est-ce qu’on fait ? Normalement il faut évacuer avec les élèves, dans le calme, en laissant nos affaire sur place. Ce qu’il fait avec Kevin, son petit pianiste. Gilles me surprend car je l’avais trouvé pianissimo lors de la formation.

Du coup, il entraine les autres profs. Ils rejoignent tranquillement le point de regroupement. Au deuxième étage le serre-fil, Jean, est le dernier à sortir de son bureau. Le serre-fil c’est celle ou celui du bout du couloir qui est chargé de vérifier qu’il n’y a personne derrière. Il avait passé la tête mais ne voyant personne dans le couloir, il avait repris son cours avant de se ressaisir. Gagné peut-être par la perspective de s’en griller une au point de regroupement.

Le plus dur à observer, c’est le troisième étage. Le plus dangereux donc. Je vois Patrick, le serre-fil, taper aux portes pour dire à ses collègues que “normalement” il faut quitter les bureaux et se rendre au point de regroupement. Ça se fait moderato. Pablo son voisin d’en face résiste.

  • Oui je vais y aller, j’ai presque fini le cours, j’en ai pour 5 mn. Et de reprendre le cours, laissant Patrick errant dans le couloir.

Effectivement, le cours fini, il prend la peine de ranger sa belle guitare, après avoir donné des devoirs à son élève.
Et voilà tout notre petit monde au point de regroupement. Plus de 20 mn se sont passées à partir du déclenchement de l’alarme par mes soins ; environ 40 depuis le déclenchement du fumigène. Dit autrement, c’est une catastrophe. 

  • Bon, on va avoir un peu de travail d’enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé. Conclut le capitaine en décollant de son siège.

Fin de la récrée.

Livide, je sors avec mon cahier. Je confirme qu’il n’y a pas d’incendie, que c’était un simulacre pour tester leur compréhension des consignes suite à la formation. Je vois des cloches qui résonnent dans les crânes ; y’a d’l’écho.

  • On va faire la liste des présents. J’interroge les profs sur la présence de leurs élèves.
  • Tu dis que Lila est là mais je ne la vois pas.
  • Elle est partie du coup avec ses parents qui étaient là. Dit-il entre deux bouffées. J’ai envie de lui faire bouffer sa clope.
  • Et André et son élève ?
  • Je l’ai vu partir ; il avait fini ses cours je crois. Dit Yvonne fière d’avoir la réponse. Une habitude, elle était fière d’elle d’une manière générale.

Ils se foutent de ma gueule tous. Ils savent pourtant que tant que l’autorisation n’est pas donnée, tout le monde doit rester à cet emplacement. Je n’ose pas leur passer un savon devant les élèves et les parents. Ils voient bien à mon masque que quelque chose ne va pas. Je crois qu’ils s’en tapent comme de leur première symphonie.

J’avoue que j’ai eu du mal à faire le debrief prof par prof. Oui tout le monde a bien entendu la sirène, comment ne pas l’entendre, elle perce les tympans mais dans des bureaux isolés c’est supportable. Oui ils savaient ce qu’il fallait faire. Mais comme personne ne s’affolait, comme tout le monde hésitait, alors ils ont hésité. Oui, ils savaient qu’il fallait sortir vite et calmement à la fois en laissant les affaires dans le bureau. Oui ils conviennent que faisant comme ils ont fait, ils mettaient en danger les élèves dont ils avaient la responsabilité. 

  • Oui mais, un incendie, ça n’arrive jamais en fait ; alors que les fausses alarmes ça arrive toujours. Yvonne réfléchissait donc. J’étais battu. 
  • Et puis on ne voit pas bien ce qui pourrait brûler dans un tel bâtiment, alors il est logique qu’on doute. Et puis plus le temps passe sans qu’il ne se passe rien, et plus on pense qu’il n’y a pas de danger.

J’avoue que le statut d’Yvonne a changé dans mon esprit. Je n’ai plus regardé ses fesses de la même manière.

Y’a un truc que je n’avais pas intégré en amont : demander à chacun comment il traitait l’information, c’est-à-dire qu’est-ce qui la rendait crédible. Et visiblement, une sirène qui vous brise les oreilles, ça ne déplace que ceux qui sont trop proches.

1ère solution donc : construire des bâtiments en paille pour que les gens aient la trouille, même si dans la réalité ce n’est pas plus dangereux. Trop innovant. Deuxième solution : mettre des sirènes partout pour rendre l’évacuation urgente. L’inconfort comme motivation plutôt que le respect des consignes. C’est la logique actuelle qui fait d’ailleurs que des gens perdent l’audition s’ils restent bloqués. On aurait l’air de quoi si on faisait ça en école de musique ?

  • Y’a un truc que je n’ai pas compris Pablo, tu as très bien entendu, tu connais les consignes et tu avais un gamin avec toi ; Patrick est venu dans ton bureau, et pourtant tu as fini ton cours. J’ai besoin que tu réfléchisses à la façon dont tu as traité la situation. 

Je parlais sans tabou à notre doyen qui était aussi un ami de longue date, et d’une logique implacable en toute circonstance, bien qu’un tantinet nombriliste. J’étais sûr qu’il y réfléchirait et que la sincérité de sa réponse m’éclairerait.

  • J’ai réfléchi à ta question. En fait je crois que j’étais centré sur mon propre projet, ma séquence, mon programme en quelque sorte : donner un cours et le finir. J’étais pris dans un engagement, mes habitudes ; du coup j’ai relativisé la sirène car ça dérangeait le chemin tracé. Bien sûr, si j’avais entendu des cris, senti la panique dans le couloir, des gens affolés crier “au feu”, sûrement que j’en aurai tenu compte et que je serais sorti fissa.

Et oui, il est difficile de faire bifurquer un train lancé vivace (prononcer vivatché). Surtout s’il n’y a pas une voix pour briser le sort que l’engagement jette sur notre volonté. 

  • s’il y avait eu un message sonore, surtout si c’était toi le directeur, pour dire que ce n’était pas un exercice, mais qu’il y avait urgence à évacuer… dans le calme, alors j’aurais suivi ta voix j’en suis sûr. Mais je n’ai pas suivi la sirène ; j’en ai tellement entendu ! Il était tout surpris lui-même de l’évidence de sa conclusion. 

Et oui, pourquoi personne ne faisait ça ? Je veux dire pourquoi n’avait-on jamais enregistré un message sonore, ou demandé à quelqu’un chargé de l’autorité de faire ça ? Fallait que je pose la question au capitaine. Sa réponse est limpide.

  • En fait ça se fait dans certaines circonstances, par exemple à l’armée où l’échec n’est pas une option, ce serait un paradoxe avec la mission ; mais on est timide dans les entreprises, car peut-être qu’on n’y croit pas vraiment, et que les gens ne sont pas sélectionnés sur leur capacité à respecter les consignes, leur capacité à prendre  plaisir au respect des consignes ; la compétence minimale pour garantir la survie d’un groupe armé c’est l’obéissance aux ordres. L’obéissance aux consignes n’est pas considéré comme un geste professionnel pour vos profs de musique. Dans des entreprises avec des dangers importants il y a une analyse du temps réalisé, et il s’agit de s’améliorer à chaque fois.
  • Donc les enfants sont en danger si on ne traite pas le respect des consignes comme un geste professionnel, et donc le non-respect comme une faute professionnelle ; voire comme une épreuve sur nous-même. 

Je restais songeur devant la conclusion. Comment faire rentrer ça dans les têtes ? Je n’allais pas mettre un blâme à tout le monde. Et puis c’est vrai qu’il n’y avait pas de collectif solidaire, tout le monde vient faire ses quelques heures, certains profs ne se croiseront que pour les auditions. Il me restait à réfléchir à cette histoire de parole directe. Si j’avais déclaré l’urgence à haute voix, parce que figure d’autorité, alors ils en auraient tenu compte ; si les serre-files avait tenu les consignes pour un geste professionnel, alors les choses se seraient passées autrement ; si j’avais dit qu’on chronomètrerait à chaque exercice. Et bien sûr, il y a ce sentiment que le pire ne peut pas arriver ; les exemples ne servent pas.

Je n’oublie pas cette leçon quand je pense à la situation écologique, à son urgence, à l’apparente apathie généralisée voire la négation des faits, qui finalement pourrait être aussi un certain nombrilisme, du genre : commencez sans moi, j’arrive !

  • Pourquoi ne déclarez-vous pas l’urgence écologique ? Fort de cette expérience, j’interpelle un maire à qui je raconte cette histoire.
  • Parce que je ne veux pas paniquer les gens plus qu’ils ne le sont. Il y a déjà beaucoup d’éco-anxiété. Lui-même éco-anxieux, comme beaucoup dans sa famille, il précise  :
  • Ma fonction c’est plutôt celle de rassurer les gens et de chercher des solutions, d’élaborer des plans avec l’aide des techniciens.

Exactement l’inverse de ce que je pense et que je viens de vivre : pour que des gens qui sont loin les uns des autres et du danger se bougent, il faut que la bonne personne, celle qui fait figure d’autorité, nomme les choses pour ce qu’elles sont ; que cette figure d’autorité déclenche la sirène en disant que ce n’est pas un exercice quant elle perçoit la fumée  ; qu’elle en appelle à l’intelligence collective – les administrés ne sont pas des enfants dont ils ont la garde – quand il faut traiter des problèmes collectifs.

J’en parle à Pablo. Il me lâche en montant dans son SUV flambant neuf :

  • Jack, tu es culpabilisant.

Quand on me reproche la forme, c’est du fond que l’on me parle. Vais-je oser leur mettre un blâme à tous ces gens dont la mission première est d’assurer la sécurité des enfants qu’on leur confie ? Et si je ne le fais, n’est-ce pas moi qui serait à blâmer ?

The 89 percent project (cliquer sur le titre)

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Merci à Olivier Hamant pour m’avoir  signalé cet article du Guardian, Spiral of silence, avril 2025. Traduit et raccourci ici. https://www.theguardian.com/environment/2025/apr/22/spiral-of-silence-climate-action-very-popular-why-dont-people-realise

L’action en faveur du climat est très populaire, alors pourquoi les gens ne le réalisent-ils pas ?

Des chercheurs ont découvert que 89 % des personnes dans le monde souhaitent que davantage soit fait, mais pensent à tort que leurs pairs ne le souhaitent pas.

Une expérience est organisée. On donne réellement 450 dollars à des personnes choisies au hasard et on leur pose une question : Quelle part de votre cagnotte donneriez-vous à une organisation caritative qui réduit les émissions de carbone en investissant dans les énergies renouvelables, et quelle part garderiez-vous pour vous ? En moyenne, les personnes donnent environ la moitié de l’argent et gardent le reste.

Deuxième expérience. Avant de répartir l’argent, les participants sont informés que 79 % des gens pensaient que les citoyens devaient essayer de lutter contre la crise climatique. Précédemment, les participants avaient considérablement sous-estimé cette proportion à 61 %. Le fait d’être informé du véritable niveau de soutien a permis d’augmenter les dons de 16 dollars par personne.

Imaginez que vous dissipiez ce mythe de l’impopularité des mesures écologiques, selon les experts, un tel changement pourrait changer la donne, en poussant le monde à franchir un point de basculement social vers un progrès climatique imparable.

« Nous sommes assis sur un énorme mouvement climatique potentiel », a déclaré le professeur Anthony Leiserowitz, de l’université de Yale, aux États-Unis. “Il est latent. Il n’a pas été activé ou catalysé. Mais lorsque l’on comble ces lacunes de perception, on aide les gens à comprendre qu’ils ne sont pas seuls et qu’il existe en fait un mouvement mondial”.

La majorité silencieuse

Une vaste enquête à l’échelle mondiale a révélé que les gens du monde entier sont unis dans leur désir d’agir pour lutter contre la crise climatique, mais restent une majorité silencieuse, parce qu’ils pensent à tort que seule une minorité partage leur point de vue.

L’équipe a constaté que 89 % des personnes à travers le monde souhaitaient que leurs gouvernements nationaux fassent davantage pour lutter contre le réchauffement climatique. Plus des deux tiers ont déclaré qu’ils étaient prêts à donner 1 % de leurs revenus pour lutter contre la crise climatique. Cependant, ils estiment que seule une minorité d’autres personnes (43 %) serait prête à faire de même.

Une enquête menée auprès de 130 000 personnes dans 125 pays, qui représentent 96 % des émissions mondiales de carbone, montre que les chinois, premier pollueur mondial, sont parmi les plus préoccupés : 97 % d’entre eux estiment que le gouvernement chinois devrait faire davantage pour lutter contre la crise climatique et quatre personnes sur cinq sont prêtes à donner 1 % de leur revenu. Les États-Unis, deuxième plus gros pollueur au monde, se situent en queue de peloton, mais les trois quarts de leurs citoyens estiment que leur gouvernement devrait faire davantage et près de la moitié sont prêts à contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Un désir profond

De nombreuses études de grande envergure ont montré que le désir du public d’agir pour le climat est profond et global, et que les perceptions erronées qui alimentent une « spirale du silence » sur le climat se retrouvent partout où les chercheurs se penchent sur la question.

En 2024, un sondage des Nations unies, baptisé « People’s Climate Vote », a interrogé 75 000 personnes dans des pays représentant 90 % de la population mondiale. Il a révélé que 80 % d’entre eux souhaitaient que leur pays renforce ses engagements en matière de climat.

Une enquête menée auprès de 140 000 personnes dans 187 pays et territoires par le Yale Program on Climate Change Communication montre que 89 % des personnes interrogées répondent « très élevée », « élevée » ou “moyenne”, et 67 % « très élevée » ou « élevée » à la question de la priorité de l’action en faveur du climat.

Les écarts de perception sont également réels. Une étude américaine datant de 2022 a révélé que les gens pensaient que seulement 40 % de leurs concitoyens soutenaient les politiques climatiques : la proportion réelle était d’environ 75 %. Même constat en Chine.

Les illusions politiques

Les politiciens souffrent-ils des mêmes illusions que le public quant à la popularité de l’action climatique ? On pourrait penser que leurs antennes politiques sont finement ajustées à l’opinion publique, mais ce n’est pas le cas : ils sous-estiment parfois de façon spectaculaire les opinions du public.

Le groupe a constaté qu’en 2024, 72 % des citoyens britanniques étaient favorables à la construction d’éoliennes terrestres dans leur région, mais que seuls 19 % des députés pensaient qu’une majorité de leurs électeurs étaient de cet avis. Selon le groupe de réflexion britannique More in Common, l’action en faveur du climat est soutenue même par ceux qui votent pour des partis politiques qui y sont explicitement opposés.

Créatures sociales

La plupart des gens sont fortement influencés par ce que font et disent les autres. C’est pourquoi corriger des croyances erronées sur les opinions de vos concitoyens peut avoir un impact sur ce que vous pensez et faites. De nombreuses recherches montrent que cela peut modifier l’opinion des gens sur toute une série de questions de justice sociale.

Les gens sont des « coopérateurs conditionnels » : ils sont plus susceptibles de contribuer au bien public s’ils pensent que d’autres font de même. « Ce motif a également fait l’objet d’études très approfondies », a déclaré l’enquêtrice. “Si tous les habitants d’une maison partagée font la vaisselle, vous le ferez aussi. Si tout le monde se contente de laisser ses affaires, vous ne vous en soucierez pas non plus.”

Briser le silence

« Une raison essentielle est l’existence d’une campagne de désinformation très vaste, sophistiquée, bien financée et de longue date, menée par l’industrie des combustibles fossiles et ses alliés, qui sèment le doute et la division pour maintenir leurs profits », a-t-elle ajouté.

Cette campagne a servi d’« énorme mégaphone » à la petite minorité bruyante qui rejette la science du climat – environ 10 % aux États-Unis – a-t-elle ajouté : “En conséquence, ils ont tendance à dominer la place publique. La communication sur les normes sociales est donc l’une des interventions les plus puissantes que l’on puisse faire”.

« Les gens sont en fait très multilatéraux », a-t-elle déclaré. 86 % des gens pensent que les pays devraient mettre de côté leurs différences sur d’autres questions et travailler ensemble. Les gens comprennent que nos destins sont liés.

Selon le professeur Cynthia Frantz, de l’Oberlin College aux États-Unis, chacun peut contribuer à briser la « spirale du silence » : Cynthia Frantz, professeur à l’Oberlin College (États-Unis) : « [Le changement] exige simplement que les gens soient exposés, encore et encore, par des sources en lesquelles ils ont confiance ou auxquelles ils s’identifient, au fait qu’ils ne sont pas seuls dans leur inquiétude et leur volonté d’agir ».

Frantz a ajouté : “La vérité, c’est que chaque déclaration publique compte et que plus les voix sont diverses, plus le message est efficace.”

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Mon commentaire

Voilà pourquoi je re-demande aux élus 1 de déclarer l’urgence climatique ; 2 de donner un nom de baptême au projet d’actions correctrices ; 3 de faire une enquête au porte-à-porte auprès de la population pour qu’elle ait une image d’elle-même ; 4 d’organiser des agoras pour que nous existions en tant que communauté. Les fêtes et animations ne font pas communauté ; ce sont les obstacles communs, affrontés en collectif, qui fondent une communauté.

Certes, des minorités actives organisent l’invisibilité des questions écologiques climatiques sanitaires et démocratiques, et organisent la visibilité d’un pseudo climato-scepticisme rationnel. Les politiciens à la manoeuvre et dans les médias sont des tigres de papier (ils représentent peu de chose en terme électoral),

mais le silence reste de la responsabilité des silencieux. Les silencieux choisissent pour guides les mauvaises peurs.

Suite à palabre d’avril qui traitait du livre de Francis Dupuis-Déri, Agoraphobie, la peur du peuple

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Démocratie médiévale ? Oui ça a existé. Les gens savaient gérer leurs communs.

https://shs.cairn.info/revue-tumultes-2017-2-page-139?lang=fr

La synthèse du livre de Francis Dupuis-Déri Agoraphobie, La peur du peuple, par l’auteur himself. https://journals.openedition.org/variations/93 

Le communalisme. Ce n’est pas une théorie, c’est une pratique ancestrale et actuelle.

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/de-la-commune-au-communalisme-histoire-d-un-projet-politique-5479317.    Et

https://shs.cairn.info/revue-tumultes-2017-2-page-121?lang=fr

Je ne suis pas un hurluberlu, et je n’ai pas la berlue. Il y a nombre d’initiatives, y compris dans des grandes villes françaises. On serait incapable de tenter quelque chose ici ?

https://www.poitiers.fr/lassemblee-citoyenne-et-populaire-quest-ce-que-cest

 

Et pour faire suite aux échange sur les Droits de l’homme & du citoyen

En 1789, ladite déclaration a accusé réception d’une double identité : nous sommes des sujets désirant, des moi-Je ; mais aussi des citoyens, c’est-à-dire des moi-Nous. Ce conflit politique, tout autant que psychologique, nous est constitutif et ne peut être soldé ; il reste et restera sous tension.
En écrivant Liberté (laquelle ?) Egalité (devant la loi), les révolutionnaires ont posé des concepts qui sont en tension, voire en contradiction. Sauf à considérer que le troisième terme du triptyque républicain, la Fraternité, pose bien la Liberté comme une liberté conditionnelle. Dit autrement, une République qui se prétend laïque ne peut pas être libertarienne.

Nous avons des droits en tant que quidam, que l’on soit un adulte ou un bébé sans devoir par définition, un français ou un étranger ; et des devoirs parce que citoyen français, notamment celui de faire la loi qui nous contraint et qui limite notre liberté, nos désirs, mais nous protège en retour.
Dit autrement, la main qui désire, au risque de l’hubris, doit être retenue par celle qui limite, car une société sans limite n’est plus une société. Ce no limit, c’est l’option de Thatcher et des libertariens : nous serions une collection d’individus dont la liberté de jouir dont être sans entrave, au risque du basculement écologique ou d’injustices sociales. C’est l’option qu’une minorité active organise au nom de la liberté… d’entreprendre, sans nous poser la question explicitement ; et on ne réclame pas qu’elle nous soit posée d’ailleurs, ce qui signe que nous ne sommes pas des citoyens et que nous ne désirons pas l’être peut-être.

Cette aspiration à la liberté sans entrave est aussi bien de droite, dans le domaine économique (l’Etat ne doit pas me contraindre mais me laisser faire), que de gauche, dans le domaine sociétal et des moeurs (l’Etat ne doit pas me contraindre mais me permettre). L’opposition entre ces courants de pensée relève plus du tango que de l’opposition irréductible (J.C Michéa).

Les limites ont mauvaise presse d’une manière générale, et pourtant, sans elles il n’y a pas de communauté nationale, il n’y a que des bandes, des alliances, des intérêts privées. Sans limite, sans capacité de se mettre des limites, à les concevoir et les admettre, il n’y a pas de liberté ; il n’y a que la dictature des désirs, des fantasmes, voire la soumission à ses instincts. 

Kaïros

Peut-être ne connaissez-vous pas ce jeune dieu,  pourtant il structure notre quotidien depuis toujours et pour longtemps.

Il y a 3 dieux grecs du temps. 

Le plus connu, Chronos, incarne le temps chronologique, le temps social, celui de l’éphéméride, qui dit que chaque jour est un jour nouveau. Le second, Aiôn,  incarne le temps synchronique, le temps du sacré qui fait qu’il y a des choses qui reviennent ; des anniversaires, des jours de l’an, des célébrations religieuses qui rendent présents les morts. En psychologie c’est le temps de l’Inconscient. C’est comme si le temps était une spirale dépliée.

Et puis il y a le jeune Kaïros. Le dieu qui incarne l’instant, l’opportunité, le bon moment de faire une chose. Il a une grande mèche sur le front qu’il faut savoir saisir dès qu’il passe ; si on le laisse passer,  la main qui veut le saisir glisse sur son crâne lisse.  Quand c’est trop tard, c’est trop tard ; est passée l’opportunité. C’est le dieu que l’on convoque en médecine dès la Grèce antique : un médicament est bon quand la bonne personne le donne au bon moment. L’art du thérapeute, de tout thérapeute, y compris voire surtout des marabouts sorcières 

et autres guérisseurs, est de créer cette situation où passe le jeune dieu dans l’esprit du patient.

Pourquoi je parle de ça ?

Parce que nous ne sommes pas dans une crise écologique que l’on pourra soigner avec des trouvailles présumées d’ingénieurs. Nous sommes sur des points de bascule ce qui est dramatiquement différent. Par exemple : le climat de mon enfance on l’a perdu pour des siècles quoiqu’on fasse. « On »  a (les gens raisonnables) laissé passer les occasions de changer pour  n’avoir qu’une crise écologique et non pas un basculement. 

Saisir Kaïros quand il passe

Mais quelles sont les opportunités que nous pourrions saisir ? Si on ne le sait pas, on ne les verra qu’une fois passées, toujours trop tard. 

Alors, est-ce le bon moment pour déclarer l’urgence écologique sanitaire et démocratique ?  Qu’en pensez-vous ? 

Nommer les choses : si les élus ne le font pas maintenant, ils ne le feront jamais, parce que ça veut dire que leur urgence est ailleurs, alors qu’ils la nomment.

Appel aux colocaTerre

Parce que nous sommes des colocaTerre et non pas des co-propriétaires, je me propose de créer une association dont l’objet 

ne serait pas de ré-éduquer le petit peuple ou de s’organiser en lobby citoyen, en opposition municipale, en parti politique, 

mais serait 1 de transmettre des connaissances pour alimenter la réflexion, sans exclusive, sur les questions démocratiques en lien avec l’état de notre biotope et son avenir ; 2 de se rassembler pour réclamer une Constituante pour que l’on décide enfin de la règle du jeu démocratique ; ce qui commence par une analyse critique du système pseudo-représentatif actuel, qu’il soit majoritaire ou proportionnel.

Pourquoi ?  

1 Parce que la situation écologique

Nous en avons des représentations via le GIEC, l’IPBS, mais aussi les médias et les réseaux sociaux. Mais sont-elles correctes ? Pour ma part, je réfléchis à partir de celle-ci : 

les limites planétaires dont 6/9 sont dépassées 

  • CO2 à émettre,                         nous n’avons plus de budget
  • Biodiversité,                                                   
  • Pesticides et engrais azotés,                        
  • Arbres à couper,                                            
  • Plastiques à fabriquer                                  
  • Eaux à polluer                                               
  • Océans à acidifier                                         

Ces réalités physico-chimiques ne négocient pas. Il n’y a pas de banques, aussi elles doivent devenir les “nouvelles références budgétaires” pour penser nos projets individuels et collectifs.

2 Parce que la situation sociale

Des conditions de vie de plus en plus difficiles pour un nombre croissant de familles en France et à travers le monde, des perspectives sombres, des mises en compétition des plus fragiles aux conséquences dramatiques pour les populations, des sources de souffrance politique économique et climatique qui jettent et jetteront sur les routes de plus en plus de gens. Un système qui fait monter l’argent par capillarité vers le haut.

3 Parce que la situation démocratique

La population est exclue des choix de civilisation, elle ne peut faire Peuple souverain, elle ne peut qu’élire des guides censés la représenter. Elle est réduite au statut de consommateur d’une offre électorale (un marché “compétitif” dont les dés sont pipés), au lieu d’être productrice de sens. 

Des guides “raisonnables” sont au pouvoir depuis longtemps et nous gèrent comme si nous étions des aveugles, et bien sûr ils ne sont pour rien dans la situation écologique et sociale. Un tel mépris du Peuple ne peut fonder une société qui se voudrait démocratique.


Comment

1 Une posture

. Nommer les choses pour ne pas rajouter au malheur du monde (Camus), mais “nommer n’est pas dire le vrai, mais conférer à ce qui est nommé le pouvoir de nous faire sentir et penser sur le mode qu’appelle le nom” (Isabelle Stengers). Cette prétention à nommer exerce une violence psychologique certaine ; pour ma part je l’assume car elle est salutaire pour qui ne place pas son ego au mauvais endroit, et ses privilèges comme sacrés.

. et travailler : 

    • sur les représentations que nous avons de la situation. Elles nous empêchent d’agir voire risquent de nous amener dans des directions mal identifiées.
    • sur le diagnostic qui doit être collectif et partagé.

2 Des phrases clés

  • Le pouvoir appartient à celui qui impose son diagnostic, définit le problème, car il induit les solutions.
  • On ne peut pas régler un problème que l’on ne nomme pas, ou pas correctement.
  • Si parler ne sert à rien dans notre démocratie, alors c’est de cela dont nous devons parler.
  • La première des transitions, qui conditionne la réussite des autres, est culturelle.
  • Agir c’est s’arrêter, se retrouver en place publique, s’assoir solidement en cercle et prendre le temps de parler/se parler pour penser, faire et être communauté.
  • L’échec n’est pas une option.

Tout ceci est de nature à nous remettre au centre du jeu sans demander l’autorisation à quiconque, à reprendre toute notre importance, à exercer notre pouvoir.

3 Des valeurs à partager

Je suis un militant de la laïcité.point (mais qui sait vraiment ce que cela veut dire ?), par conséquent pour une organisation du pouvoir, une démocratie, qui permettraient à la population dans son ensemble, et avec les particularités de chacune et chacun, de s’instituer  Peuple souverain.

Vous voulez être tenu informé des initiatives ? Vous voulez vous associer ? Signalez-vous.

contact colocaterre@proton.me 

Il faut être au moins 2 pour s’associer ! 

Mais être plus de 2 c’est mieux.

Une petite nouvelle

Rêve d’océan 

Je me retrouve après plus de 20 ans de nouveau face à  l’Océan, dans les environs de Biarritz. De la plage, en tenue réglementaire du baigneur du dimanche, c’est-à-dire sans les petites palmes, je vois des jeunes s’amuser au loin dans les rouleaux. Ils surfent en nageant ; c’est un coup à prendre.
Comme je suis un bon nageur, je cède à l’envie de donner une leçon à ces jeunes branleurs. Je commence à remonter les rouleaux. À 20 m du bord je me fais embarquer une première fois ; le temps de reprendre mon souffle, un deuxième. Je suis en mauvaise posture. Un troisième arrive et m’épuise complètement. L’instinct de survie, revoir les gens que j’aime, même humilié, me ramène à la raison, je fais demi-tour.

  • s’il vous plait aidez-moi ! Je tends mon bras vers mes voisins, ils le refusent ! Oui ils le refusent !
  • Moi aussi je suis en difficulté. Se justifient-ils.

Et ils s’éloignent de moi ! Le plus proche en me regardant du coin de l’oeil. Les maîtres-nageurs papotent sur la chaise haute et je vois qu’ils ne me voient pas. Pour ne pas être ridicule je n’appelle pas (la plage est bondée et ma femme farniente) ; mes voisins ne les appellent pas non plus. Mutique, je rejoins la rive épuisé en flottant comme un (vieux) bouchon.  Je suis passé à deux doigts de la noyade et du ridicule ; les maîtres-nageurs de la faute professionnelle ; mes voisins de la culpabilité à vie (peut-être mais c’est pas sûr).

  • Chérie, j’ai manqué me noyer sous le nez des maîtres-nageurs ; les autres nageurs ont refusé de m’aider… et je n’ai pas appelé à l’aide pour ne pas être ridicule. 
  • C’est une faute professionnelle, tu devrais aller leur dire ! 

Je note que ça ne l’étonne pas que je me sois mis dans cette situation où la machine ne suit pas le pilote. Faut dire que je suis un habitué : il m’arrive de sortir large d’un virage pour avoir loupé le point de corde. 

– Sûrement qu’ils surveillaient plutôt les jeunes baigneurs sur le front des rouleaux et négligeaient ceux de la première zone. C’est une façon de scanner plutôt logique, je ne peux pas leur en vouloir.

Mais pourquoi diable me suis-je mis dans cette situation ? Serais-je suicidaire ? Qu’est-ce qu’il m’a pris de vouloir aller nager avec la jeunesse ? De vouloir la défier ? Le désir de glisser sur l’eau comme un surfeur, le désir de participer à la fête ? J’identifie que ma vanité m’a aveuglé sur la réalité de mes moyens. Elle m’a fait confondre le rêve et le projet ; j’étais donc confus. Je n’avais pas les moyens de faire de mon rêve un projet. On m’aurait cru confiant alors que j’étais dans l’illusion. C’est ça la folie des gens ordinaires.

En clair, je n’ai pas actualisé ma représentation de la situation ; elle a changé, terriblement. Je suis passé devant le temps et je n’en veux rien savoir. Ma femme m’aurait arrêté si je le l’avais prévenu de mon projet. Peut-être.

  • J’ai sur la patate l’attitude des 3 baigneurs (Petite vidéo pour illustrer leur attitude). Ils se sont éloignés plutôt que de m’aider ou appeler. Je suis complètement retourné. Je ne l’imaginais pas même si je connais ces démonstrations psycho-socio.

Peut-être ont-ils pensé que ce n’était pas leur devoir, ou que c’était à moi d’appeler, ou peut-être ont-ils attendu que le voisin le plus proche le fasse. C’est l’attitude fréquente, genre « pourquoi moi ? ».

Je reste intrigué par une autre chose. Je me suis presque noyé, presque. Ça veut dire que quelque chose m’a dégrisé juste à temps ; j’ai failli insister. La succession des vagues est venue me rappeler la réalité, non négociable. Il a fallu cette situation chaotique pour que j’admette que je n’avais pas les moyens d’atteindre ce rêve de jeunesse : surfer, voler. Les rouleaux ont dû me gifler pour me sortir de mon rêve éveillé. Merci.

Mais c’est quoi ce désir, ce fantasme de glisser, ce  goût pour la vitesse ? Je sais que je ne suis pas le seul dans cette quête. Elle se déploie dans nombre de situations. A cheval, en voiture, en ski, sur les toboggans, en parachute et en saut à l’élastique, en avion, en voyages lointains, etc… Qu’est-ce que c’est que ce truc de rester en équilibre dans une situation de déséquilibre ? Ce plaisir, cette jouissance de jouer avec son centre de gravité. Pourquoi est-ce si fascinant ce fantasme qui me fait avancer comme un âne ?.

J’élabore une hypothèse que je confie à ma femme. Elle me trotte en tête depuis longtemps.

  • La gravité nous ramène au sol, et la mort nous y fige, l’immobilité réveille le fantasme de la mort, le sommeil aussi. Toute notre symbolique de la mort est dans cette fatalité de la chute, d’être cloué au sol. 
  • Tu as déjà dû me dire un truc comme ça. Elle tente une sortie. Je vois bien qu’elle néglige l’évènement.
  • Oui sans doute. La vie c’est le contraire : c’est vers le haut, ça rebondit, ça va vite, c’est bruyant, c’est debout et le plus haut possible. C’est la victoire arrachée à la gravité, à la mort donc. On fait un pied de nez à la mort dans les jeux de déséquilibres successifs. On éprouve que l’on est bien en vie. Je me sens vivant tant que je réagis comme un ressort.

Je ne sais pas si elle m’écoute vraiment, mais je poursuis. C’est aussi une habitude.

  • Petit problème, comme tout le monde, je suis mortel et à usage unique ; je vieillis, je ne peux pas être et avoir été. Dit autrement, la vie en moi qui ne renonce pas peut me tromper si je ne fais pas régulièrement une mise à jour de mes moyens ; ceci de façon à ne pas prendre mes rêves, mes désirs de jouissance, pour des projets. 

M’apercevoir que je n’ai plus les moyens de mes rêves me dépriment, mais je constate que ça peut me sauver la vie. Il y a des gens qui appellent ça la sagesse qui viendrait avec l’âge, mais je ne pense pas ça ; je pense que ladite sagesse est une simple gestion économique des moyens restant à notre disposition. La sagesse c’est quand on ne colle pas un désir de jouissance sur tout ce qui bouge, soit parce qu’on n’en a plus les moyens, soit parce qu’on sait se contrôler. L’homme civilisé est celui qui se retient disait Camus. Dont acte.

J’insiste, même si c’est sans espoir. 

  • je trouve que ce que je viens de vivre ressemble à ce que nous vivons avec la situation écologique et sanitaire, avec les aléas, prévisibles, qui nous dégrisent, ou pas. Collectivement nous ne voulons pas faire la distinction entre les rêves et les projets, d’où des conséquences dramatiques. Je tente de lui partager mes réflexions géniales.
  • Hum, grogne-t-elle sans lever les yeux de sa revue. Elle reste peu sensible au génie humain.
  • Tu sais pourquoi tu ne m’as pas surveillé ? Parce que tu as délégué cette responsabilité aux maîtres-nageurs. Si ça avait été les enfants, tu les aurais surveillés même au pied du poste, et tu les aurais empêchés de faire n’importe quoi. 
  • C’est donc de ma faute, je me disais aussi. Elle dit ça sans même esquisser un demi-sourire.
  • J’avoue que je n’ai pas voulu appeler à l’aide pour m’éviter le ridicule de me faire secourir à 10 m du bord. 
  • C’est effectivement plus honorable que prendre le risque de se faire bouche à boucher sur la plage en cas d’échec. Cette fois-ci elle se marre du tableau qu’elle s’imagine décrire aux enfants et aux amis.
  • Tu me laisseras raconter s’il te plait. Je voudrais sauver le peu de dignité qu’il me reste. On en rit.
  • Mon pauvre ami, tu n’es plus ce que tu étais, il va falloir en rabattre un peu. Après toutes ces émotions, ce soir, une tisane et au lit pépé !

Plus tard, dans la voiture, je reviens sur la scène. Je viens de faire un lien que j’aurais dû faire plus tôt. Ma mère, loin d’ici, est sur ce qui sera son lit de mort. J’aurais dû en tenir compte et redoubler de prudence, car une des façons de lutter contre un moment dépressif est l’excitation, jusqu’à la mise en danger. Et ça je le sais, et je le savais.

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  • On ne sait pas toujours, quand des gens sont dans l’excitation, s’ils vont vraiment bien ou bien vraiment mal ; ça peut être une fuite, un évitement, une tentative de s’apaiser via le corps plutôt que par la parole, l’acceptation et l’exploration de la souffrance. C’est un procédé auto-calmant, comme l’est le consumérisme donc. Tu vois, je sais tout ça, et pourtant j’ai négligé ces éléments face… à la mer… où j’ai failli… retourner. 

On reste silencieux un moment. Je sens son inquiétude ; elle sent la mienne. Je dois reconnaitre un mouvement dépressif en moi, pour ne pas dire suicidaire, sinon c’est au risque de me mettre en danger à mon insu. Je suis contrarié.

Plus tard dans ma vie, je fais d’autres liens avec la situation écologique. 

  • Je ne comprends pas le comportement des maîtres-nageurs de cette autre scène. Je ne comprends pas celles et ceux qui n’appellent pas, ne protestent pas alors qu’ils sont en train de se noyer, je ne comprends celles et ceux qui se détournent alors qu’ils voient. Les seuls que je comprends, ce sont ces jeunes qui jouent avec les rouleaux… qui dansent au bord du gouffre, pour en avoir été, et parce qu’ils en ont les moyens. 
  • Humphf. Tente ma femme pour me décourager de poursuivre.
  • On devrait mieux mesurer l’écart entre nos rêves et nos moyens d’en faire des projets ? On devrait vérifier les conséquences de nos rêves, on devrait vérifier que nous ne luttons pas contre la dépression sans la nommer. Elle ne m’aura pas comme ça.
  • Hum hum. Elle tente un acquiescement le plus neutre possible pour éviter le débat. Je la connais. 

Je ne renonce pas à réfléchir à haute voix. Je sais que le meilleur moyen de savoir ce que je pense, c’est de le dire. C’est seulement une fois dit que je sais si c’est clair en moi ou pas.

  • Le marketing du consumérisme est d’associer ses produits à la vie même : prendre l’avion, aller loin, explorer en 4×4, les innovations technologiques ; sexe et séduction. C’est un exploit car c’est exactement l’inverse en terme de finalité, le consumérisme est mortifère et nous le savons ; c’est ce que l’on appelle une addiction : jouir à en mourir. Tout discours appelant à se calmer – rappelant le réel – est associé à l’inverse, à quelque chose de triste voire mortel. On a donc un problème de représentation… du problème. Je suis plutôt content de ma tirade.
  • On n’empêchera jamais personne de manifester sa joie de vivre par des prises de risque, des déséquilibres, des glissades, des ordalies. Elle défend toujours la jeunesse toutes griffes dehors, en toutes circonstances, si elle la croit attaquée. Elle ne fait jamais dans la nuance et je me retrouve accusé régulièrement de bougonnisme.
  • J’espère bien, et ce n’est pas ce que j’ai dit qu’il fallait faire. Ça c’est la critique spécieuse que l’on adresse à tous les lanceurs d’alerte. Pour moi, il s’agit simplement de ne pas faire prendre de risques aux voisins, qui ne nous ont rien demandé, pour jouir impunément des plaisirs qu’offrent… l’addictisme. Nous sommes liés par la situation écologique, nous sommes des colocaTerre, et je conteste à mon voisin le droit de détruire cette location commune, que louent également les enfants et petits-enfants. Je suis sûr que nous sommes d’accord. J’ai l’impression d’énoncer une banalité affligeante.
  • C’est d’une banalité affligeante mon pauvre ami ! Et tu me l’as dite cent fois. Tu radotes.
  • C’est parce que personne ne m’écoute, personne ne me parle.
  • Tu radotes et tu n’as jamais tort. Comme mon père.

Touché coulé.

Voir le courrier que j’ai adressé à M. NEUDER, candidat à la députation dans la 7ème circonscription de l’Isère, la veille du deuxième tour, et sa réponse.

 

Bonjour Monsieur Neuder

Copie à Mme Dezarnaud, bonjour Madame
Certes, il y a une différence majeure entre vous et M. Auguste, vous n’êtes pas raciste, j’en suis sûr. Mais les garde-fous constitutionnels empêcheront toute dérive de ce côté.
Le problème est essentiellement le climato-scepticisme du RN, qui n’est pas non plus sans adepte dans votre parti.
Sur les questions écologiques, vous m’avez déclaré dans votre bureau M. Neuder que l’urgence était de 10 sur une échelle de 1 à 10. J’ai apprécié votre sincérité.
Mais dès lors, pourquoi ne déclarez-vous pas l’état d’urgence écologique climatique et sanitaire publiquement ? J’ai compris qu’EBER s’y refusait, et j’ai la même question pour Mme Dezarnaud.
Votre métier Monsieur est de vous occuper d’une fonction vitale, vous savez mieux que quiconque ce qu’est une urgence vitale, et comment on ne peut pas y répondre par des mesurettes ni graduellement à partir d’un certain seuil, ni sans en parler au malade.
Vous aideriez grandement les électeurs – qui ne voient guère de différence au final – en vous sortant des consignes de votre parti qui euphémise les questions écologiques ; vous basculeriez du côté des solutions et non pas du problème. Mais est-ce possible dans ce système pyramidal et sans froisser votre électorat climato-sceptique ? Je suis sûr que non, mais ce serait formidable si vous me donniez tort.
A ce stade, je n’ai aucune raison de légitimer, par ma participation, un système qui donne une majorité exécutive à une minorité, et à quelques élus, qui aggravera au final nos problèmes d’adaptation et de survie.
Je resterai à la disposition des élus, quels qu’ils soient, qui voudront nommer la réalité et s’atteler à la tâche qu’ils ont réclamée.
et la réponse qu’il m’adresse via son secrétariat.
Elle est déprimante, et j’en ferai l’analyse plus tard.
Bonjour Monsieur VARIENGIEN,
Je ne pense pas que les climato-sceptiques soient nombreux au sein de notre parti. Mais plutôt que notre approche est différente, plus pragmatique et prenant en compte les 3 piliers du développement durable sans oublier l’économique et le social.
La transition écologique ne se fera pas sans les entreprises et au détriment des citoyens.
Alors qu’un discours radical peut être repoussoir, ce sont les militants modérés qui font le plus avancer la question écologique. La réponse doit être fondée sur la science et en concertation avec la population.
L’état d’urgence climatique nous semble davantage relevé de la communication et nous préférerons toujours des actions concrètes plutôt que des postures.
Notre parti propose depuis plusieurs années un plan ambitieux de réduction des émissions à effet de serre fondé sur des énergies peu émettrices et ayant un cout supportable pour la population et notre économie comme préconisé par le GIEC. Nous refusons une décroissance qui serait synonyme de paupérisation et qui se ferait donc contre les citoyens.
L’exemple dogmatique de l’Allemagne nous montre ce qu’il ne faut pas faire.
Aujourd’hui de nombreux écologistes européens partagent notre vision et nous avons pu défendre des positions de bon sens au niveau européen, que ce soit une barrière écologique aux frontières de l’Europe, le refus de traites de libre-échange et la mise en place de la taxonomie verte comprenant les énergies peu émettrices et qui nous permettront de sortir des dépendance étrangère pour notre approvisionnement.
Je peux vous assurer que les français, et parmi eux nos électeurs, sont désormais majoritairement pleinement conscient du défi climatique et qu’il doit être une priorité pour nos politiques du siècle à venir.
Nous nous battrons au sein de notre territoire et dans l’hémicycle sur ce sujet, c’est la condition sine qua non pour offrir à nos enfants une planète vivable et transmettre notre héritage. C’est ce message que je porte et continuerai à porter si vous m’accordez votre confiance.
Nous restons à votre disposition si vous souhaitez aborder des points spécifiques de notre programme à ce sujet ou pour tout autre question.

Rdv le mardi 21 mars 20 h au château de Montseveroux

Le ministre de la transition écologique M. Christophe BÉCHU, annonce pour la première fois, dit-il dans cette conférence que le scénario retenu est de 2,5° pour la planète, donc au moins + 4° pour la France. Mais c’est dit à la sauvette, sans cérémonie, sans regarder la salle, la tête basse.

Ce monde qui meurt n’aura pas droit à un enterrement national, à des marches blanches où l’on pourrait défiler avec les pancartes habituelles : plus jamais ça. Non, on le laisse partir comme on mettrait une lettre à la poste. J’ai honte pour ceux qui n’ont pas honte.

tapez sur youtube :

France stratégie, conférence Adaptation au changement climatique dans les territoires

Passez l’intro et voir la conférence et la conclusion

 

Le sénateur Ronan DANTEC, précise que c’est la fourchette haute dans les projections du GIEC avant l’effondrement. “On espère que ça refroidira après.”

Si je comprends bien le français, cela veut dire qu’ils annoncent la fin de notre monde, de nos modes de vie actuels et de nos projets ;  que nous sommes atteints d’une maladie chronique dont on espère rescaper, mais c’est pas sûr. Mais ce n’est pas dit comme ça ; il ne faut pas paniquer les gens disent-ils.

Ils pensent traiter le problème entre élus, avec l’administration, via des investissements et des investisseurs, des biotechnologies. De volonté populaire, de choix populaires, il n’en est pas question. Nous sommes simplement tenus de ne pas paniquer, de ne pas dramatiser, et nous tenir à notre place. Serions-nous le problème ?

N’est-ce pas un choix de société qui nous échappe une fois de plus ? Auquel nous consentons par défaut, par discipline ou sentiment d’impuissance, par incapacité constitutionnelle ?

Comme personne, ni élus ni associations en mesure de rassembler valablement, n’appellent la population pour prendre la mesure de l’annonce, je donne un nouveau rdv malgré les échecs précédents. Mais je suis prêt à passer la main le cas échéant.

Je vous donne rdv pour :

  • accuser réception du message ministériel (nous avons une maladie chronique et l’issue est incertaine), peut-être comprendre comment et pourquoi ils banalisent cette annonce tout à fait historique.
  • préciser ce qui va changer, c’est-à-dire quelles sont les conséquences sur nos vies et celles des générations futures
  • comprendre les avantages et inconvénients de leurs solutions
  • peut-être commencer à imaginer les alternatives vivantes et joyeuses, car l’adaptation  et la survie, notamment de la majorité fragile et silencieuse que nous sommes, ne peuvent pas être des buts en soi.

Nota : nous ne sommes pas tenus d’être d’accord sur tout, ni même sur quelque chose, mais nous sommes tenus de parler puisque nous sommes des êtres de paroles. Si nous ne parlons pas, nous ne sommes plus.

 

Si vous ne savez pas comment évaluer cette information des +4°,

imaginez qu’on vient de vous annoncer une maladie invalidante – la vie ne sera plus jamais comme avant, définitivement, pour vous et vos descendants – qu’on va vous traiter sans votre avis et sans espoir de revenir à la situation initiale donc, et en espérant que ça marche ; c’est pile ou face car on n’a aucune expérience dans le domaine, c’est la première fois que cette maladie se présente à nous. 

Les médecins qui n’ont jamais vus cette maladie et n’ont pas présenté de diagnostic, vous disent que c’est banal, c’est une info parmi d’autres. Ils vont la traiter par la biotechnologie sans savoir si elles ne sont pas la cause, puisqu’ils ne sont pas médecins !

Tout va bien, ou il faut en parler ? Il me semble que ça mérite d’en parler d’urgence et d’inviter ses voisins. Merci de vous annoncer. Si on est nombreux, je demanderai une autre salle.

        Appel aux montseveroudères

      « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs» J. Chirac, il y a 20 ans !

      Alors nous ? On fait quoi ici ?

……………………………………………………………………………………..

Atelier citoyen. Le 6 déc 20 h  au château

A l’appel de Champiflore, PRELE, les écocitoyens

 

Soyons honnêtes avec nous-mêmes, si on ne s’en mêle pas plus c’est 

1 que nous n’y croyons pas vraiment ou 

2 que nous avons renoncé, car impossible ou trop tard ou trop compliqué de sauver quoi que ce soit, ou 

3 que nous espérons encore, mais que d’autres vont faire le boulot à notre place (les élu(e)s locaux ? Les député(e)s ? Les jeunes ? Les pauvres ? Les vieux ? Macron ? Un gouvernement mondial ? L’Europe ?) ou

4 que nous attendons un miracle technologique, ou le sort, ou

5 ? Autre chose encore.

Si vous ne savez pas pourquoi vous n’arrivez pas à vous mobiliser, venez en parler, on peut chercher la réponse ensemble.

Mais si nous pensons vraiment que notre maison brûle, si nous croyons vraiment le GIEC et nos propres yeux, si nous pensons vraiment qu’il y a une urgence climatique (entre autres), si nous croyons ce que nous savons, alors nous devons en faire une priorité, et a minima nous rassembler entre citoyens, tant que c’est possible pacifiquement, pour définir en commun des actions.

Un atelier citoyen, c’est le premier outil à créer pour traiter nos problèmes écologiques – les élus aussi sont les bienvenus –  pour faire ce que nous avons à faire, avec les présents qui voudront bien faire avec les seuls présents. C’est le B.A.BA de la démocratie.

Si nous ne faisons pas ça, alors il faudra se résoudre à devenir survivalistes, c’est-à-dire chacun pour soi et dieu(x) pour tous ; ou rejoindre les mouvements de rébellion. Dans les deux cas c’est symptomatique d’un échec démocratique, celui de notre mutisme institutionnalisé et consenti.

Pour info https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/charte-de-l-environnement qui a valeur constitutionnelle.

J’ai publié dans le N° 11 de L’ORTIE (p9 et 12 ou Plan écocitoyen     Liste actions possibles) un plan et une liste d’actions qui peuvent nous servir de base de discussion. Mais on peut discuter d’autres options si vous les amenez