Suite à palabre d’avril qui traitait du livre de Francis Dupuis-Déri, Agoraphobie, la peur du peuple
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Démocratie médiévale ? Oui ça a existé. Les gens savaient gérer leurs communs.
https://shs.cairn.info/revue-tumultes-2017-2-page-139?lang=fr
La synthèse du livre de Francis Dupuis-Déri Agoraphobie, La peur du peuple, par l’auteur himself. https://journals.openedition.org/variations/93
Le communalisme. Ce n’est pas une théorie, c’est une pratique ancestrale et actuelle.
https://shs.cairn.info/revue-tumultes-2017-2-page-121?lang=fr
Je ne suis pas un hurluberlu, et je n’ai pas la berlue. Il y a nombre d’initiatives, y compris dans des grandes villes françaises. On serait incapable de tenter quelque chose ici ?
https://www.poitiers.fr/lassemblee-citoyenne-et-populaire-quest-ce-que-cest
Et pour faire suite aux échange sur les Droits de l’homme & du citoyen
En 1789, ladite déclaration a accusé réception d’une double identité : nous sommes des sujets désirant, des moi-Je ; mais aussi des citoyens, c’est-à-dire des moi-Nous. Ce conflit politique, tout autant que psychologique, nous est constitutif et ne peut être soldé ; il reste et restera sous tension.
En écrivant Liberté (laquelle ?) Egalité (devant la loi), les révolutionnaires ont posé des concepts qui sont en tension, voire en contradiction. Sauf à considérer que le troisième terme du triptyque républicain, la Fraternité, pose bien la Liberté comme une liberté conditionnelle. Dit autrement, une République qui se prétend laïque ne peut pas être libertarienne.
Nous avons des droits en tant que quidam, que l’on soit un adulte ou un bébé sans devoir par définition, un français ou un étranger ; et des devoirs parce que citoyen français, notamment celui de faire la loi qui nous contraint et qui limite notre liberté, nos désirs, mais nous protège en retour.
Dit autrement, la main qui désire, au risque de l’hubris, doit être retenue par celle qui limite, car une société sans limite n’est plus une société. Ce no limit, c’est l’option de Thatcher et des libertariens : nous serions une collection d’individus dont la liberté de jouir dont être sans entrave, au risque du basculement écologique ou d’injustices sociales. C’est l’option qu’une minorité active organise au nom de la liberté… d’entreprendre, sans nous poser la question explicitement ; et on ne réclame pas qu’elle nous soit posée d’ailleurs, ce qui signe que nous ne sommes pas des citoyens et que nous ne désirons pas l’être peut-être.
Cette aspiration à la liberté sans entrave est aussi bien de droite, dans le domaine économique (l’Etat ne doit pas me contraindre mais me laisser faire), que de gauche, dans le domaine sociétal et des moeurs (l’Etat ne doit pas me contraindre mais me permettre). L’opposition entre ces courants de pensée relève plus du tango que de l’opposition irréductible (J.C Michéa).
Les limites ont mauvaise presse d’une manière générale, et pourtant, sans elles il n’y a pas de communauté nationale, il n’y a que des bandes, des alliances, des intérêts privées. Sans limite, sans capacité de se mettre des limites, à les concevoir et les admettre, il n’y a pas de liberté ; il n’y a que la dictature des désirs, des fantasmes, voire la soumission à ses instincts.
