Les élu(e)s du territoire ont su se déterminer publiquement sur le Mercosur, sur sollicitation d’une asso d’agriculteurs en colère. Interpellation : et pourquoi pas sur d’autres sujets ? Y-a-t-il un consensus mou ou une absence de débats démocratiques ?
Ci-joint le courrier que j’adresse à Mme Dézarnaud (Pdte) et aux élu(e)s.
Jacques VARIENGIEN le 30 septembre 2026
38122 Montseveroux
Objet : appel à positionnement
sur les questions écologique climatique et sanitaire
À l’attention des membres du conseil communautaire EBER (Entre Bièvre Et Rhône)
Sous couvert de Mme DEZARNAUD, Présidente
Bonjour Madame la présidente
Bonjour Mesdames et Messieurs
En début d’année, quelques agriculteurs du collectif Agris vous ont interpellé, vous avez répondu par un vote à l’unanimité d’une motion de soutien à leur lutte contre le Mercosur. Je note que cette question ne concerne pas le conseil communautaire, ce qui ne vous a pas empêché de prendre cette belle initiative. Je suppose que ce n’est ni par crainte des fourches ni par clientélisme, mais seulement parce que vous avez trouvé logique que des élu(e)s répondent à des préoccupations populaires publiquement.
Cependant, et curieusement, sur d’autres questions qui vous concernent, vous n’avez pas proposé de vote, de motion, afin que l’on distingue les opinions et les orientations clairement.
Puisque les premières charges des élu(e)s sont 1 d’assurer la sécurité de la population – s’occuper de toutes les insécurités donc – et 2 d’organiser l’expression, éclairée, de la volonté populaire, je demande au conseil communautaire de se prononcer par vote sur les points suivants :
– Faut-il accorder à la population un droit d’interpellation des élu(e)s ou non ? Ça existe ailleurs. C’est-à-dire sans qu’elle soit menaçante, organisée en lobbies associations ou groupes de pression divers, en coin ou en pied de biche, ou en nuée de moustiques harceleurs.
- Faut-il créer des Commissions Environnement Communales Ouvertes à la Population ? Ceci afin que la population fasse communauté autour de ses affaires communes, et répondent aux questions qu’elle voudra bien se poser – comme celles qui précèdent – en toute souveraineté.
- Faut-il déclarer l’urgence écologique climatique et sanitaire ? Si oui, dire aux jeunes générations que l’on va s’en occuper collectivement et que l’échec n’est pas une option ?
– Il est question de s’adapter, mais faut-il publier le scénario officiel d’EBER auquel nous devons nous adapter sur les 10 30 50 ans ? Et faut-il publier les conséquences en cas d’échec ?
- Faut-il dans toutes les communes afficher l’objectif national, et donc local, de neutralité carbone en 2050 ? Soit des émissions de gaz à effet de serre qui correspondent à 2t/CO2/pers/an en moyenne ; soit entreprises techniques agricoles et foyers les plus riches inclus.
- Faut-il soutenir la loi Duplomb ou s’y opposer ?
- Faut-il dénoncer le projet européen Omnibus qui assouplit la règlementation sur les pesticides ou au contraire faut-il le soutenir ?
- Faut-il condamner la concurrence simplement quand elle est déloyale, comme le dit votre motion unanimement, ou la concurrence en soi quand elle alimente la spéculation et la destruction du vivant ?
- Faut-il aménager le territoire pour faire du développement durable (l’économie d’abord et le techno-solutionnisme ensuite ; choix actuel par défaut de débat démocratique y compris dans vos instances), ou pour préserver et développer son habitabilité (le vivant d’abord et ensuite) ?
- A ce titre, la ressource en eau doit-elle devenir la référence pour l’aménagement du territoire, donc des pratiques industrielles et agricoles ? Dit autrement, si tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut la stocker, la questions est : Où faut-il la stocker ? Dans des bassines ou dans la nature et les nappes phréatiques ? C’est trop tard pour les glaciers.
- Faut-il nous considérer comme séparés de la nature et son propriétaire, avec le projet de s’en rendre maitres, ou partie d’un système d’interactions biologiques qui nous dépassent ? Avec le projet de rester à notre place ; que ce soit pour des raisons religieuses ou philosophiques.
- Faut-il encourager l’utilisation et le développement de l’IA ou demander un moratoire ?
- Faut-il se préparer à accueillir des populations migrantes – intérieures ou extérieures, volontaires ou contraintes – ou se préparer à s’y opposer ?
Mesdames et Messieurs, je pense être dans mon droit de citoyen en réclamant que les élu(e)s se positionnent clairement et publiquement ; comme ils savent le faire par ailleurs sue les thèmes de leur choix.
Vous comprendrez que c’est seulement à partir des réponses à ces questions que l’on peut comprendre le sens que le conseil communautaire donne à l’action qu’il mène en notre nom ; sans savoir d’ailleurs ce que la population voudrait, puisqu’il n’est pas organisé à ce jour de recueil de la volonté populaire.
Avec le respect dû à votre engagement
Très cordialement
Jacques VARIENGIEN
