Fascisme et anti-fascisme
Puisque ça va envahir… les débats politiciens
Il faut se positionner honnêtement et clairement. Surtout si on est élu(e) de la République.
L’anti-fascisme, c’est le socle commun qui sert/servait (?) de base à la République au sortir de la dernière guerre. Plus jamais ça avait-on convenu. Si vous êtes laïque, ce qui est la charge d’élu(e), vous êtes tenu(e) par la Constitution à l’anti-fascisme, à l’anti-racisme. Ceci dit.
Être de droite ou d’extrême-droite ne fait pas de vous une ou un fasciste. Être xénophobe (ne pas aimer ce qui est étranger, quand il veut rester chez nous, pas en vacances ou lors d’un festival) est un droit individuel fondamental (La liberté de conscience sans la liberté de s’exprimer est vide de sens) ; ce qui est interdit c’est un acte discriminatoire ou un appel public à la discrimination. C’est évidemment contraire à la laïcité, au triptyque Liberté Egalité (devant la loi) Fraternité.
Dénoncer un Etat colonial (dans ses actes et par sa constitution) ne fait pas de vous un antisémite puisque c’est un fait au regard de la loi internationale ; dénoncer et lutter contre les fascistes et néo-nazis – certains se déclarent comme tels – ne fait pas de vous un néo-fasciste ni un islamophile pro-Hamas.
Un fait qu’il faut nommer : la théocratie (la référence à un dieu, une loi religieuse, comme base de la loi publique) est un fascisme ; quelle que soit la religion. La laïcité (a-convictionnelle) est un anti-cléricalisme, une anti-théocratie, un anti-obscurantisme, un anti-féodalisme, un anti-sexisme, un anti-racisme. Toute croyance individuelle ou collective (représentation non fondée sur le droit la science ou sur le plus probable) qui voudrait s’imposer comme référence, est une oppression.
Autre problème qu’il ne faut pas éviter d’évoquer : l’identité et le sentiment d’insécurité identitaire. L’identité relève de l’intime, de l’incontestable, de l’inprenable (c’est un droit fondamental de l’individu) ; la citoyenneté est un devoir (celui du citoyen que nous sommes aussi), celui de respecter et faire vivre les principes laïques de la société. C’est la condition pour faire société. Nota : principes et valeurs sont des choses différentes ; les principes ont la prévalence sur les valeurs.
Seule la légitime-défense est excusable dans notre droit, ou pour défendre quelqu’un qui est agressé. On ne peut pas être laïque, anti-fasciste donc, et agresser quelqu’un à titre préventif, même au nom de la Liberté ! Par ailleurs, personne n’a le droit de faire la justice.
Un autre point sur la violence : je ne suis responsable que des mes propres fautes et manquements, ou réussites, pas de ceux de mon frère ou de mes coreligionnaires. Faire des généralisations, publiquement, est une faute intellectuelle et morale, et déplorable voire condamnable si on est élu(e), en charge de la cohésion sociale donc.
Mais la lutte pour le pouvoir politique (avoir le gouvernail tout en étant minoritaire sur les inscrits, youpi !) pousse à toutes les bassesses. Nous assistons à un retournement : le remède anti-fasciste serait pire que le mal fasciste, qui n’existerait d’ailleurs pas. L’anti-fascisme (amalgame entre fait dit divers tragique et l’anti-fascisme laïque) serait du fascisme ! De quoi ce retournement est-il le nom ? Il y a plusieurs hypothèses qui ne s’opposent pas forcément.
1 Pour gagner des élections, les premières stratégies sont la caricature de la pensée de l’autre que l’on peut attaquer ensuite à bon compte; et l’attaque ad hominem, c’est-à-dire l’attaque sur la personne ; une fois disqualifiée, tous ses propos et propositions le seront. C’est la sonnette de Pavlov. Stratégie très étudiée par la psychologie comportementale, et utilisée par tous les partis en fait.
2 Faire honte à qui serait tenté de voter pour un parti. C’était la stratégie avec le RN, ça l’est en ce moment avec LFI. Seule l’élection de gens raisonnables et de gouvernement (qui ne sont pour rien dans la situation actuelle) est un vote censé ; qu’ils peuvent défendre en toute mauvaise foi. C’est l’utilisation du conformisme en politique, très étudié également en psychologie comportementale.
3 On peut y voir la volonté (par des lobbies clairement identifiées) de mener une guerre de civilisation sous prétexte de guerre de religion : les chrétiens (minoritaires en France) vs les musulmans (très minoritaires). Monter des murs ça fait gagner des élections, mais ça ne règle pas les problèmes. Je rappelle que les athées et les agnostiques sont majoritaires en France, et la majorité des croyants des gens qui veulent vivre et laisser vivre en paix.
Nota : la critique de la religion est la mère de toutes les critiques (K.Marx). Vous me direz quel parti ou quelle association féministe a posé cette critique-mère.
4 Créer un ennemi de l’intérieur est vieux comme la politique politicienne elle-même ; les anti-fascistes seraient islamophiles donc des ennemis de la France. Curieux que des gens qui disent vouloir quitter la France s’ils doivent payer des impôts, qui spéculent contre le bien commun, montrent du doigt leurs ennemis… de la France.
L’émergence d’un ennemi doit toujours nous faire poser la question du leurre : que suis-je censé ne pas voir, ne pas évoquer, ne pas traiter ? La réponse est facile : c’est gros comme un éléphant blanc au milieu de la pièce, ou comme la branche que nous scions alors que nous sommes assis dessus avec nos enfants et petits-enfants.
La période électorale qui vient va être rude pour la cohésion sociale : les anti-fascistes (seulement celles et ceux qui sont aussi anti-capitalistes, menacent la propriété privée sans limite et la propriété foncière, car au final c’est ça l’éléphant blanc), les woke et les musulmans vont occuper le siège des accusés dans les médias mainstream qui appartiennent pour 80 % à des milliardaires : milliardaires qui mènent sous couvert de guerre de civilisation et en notre nom (!), une guerre idéologique de logiques économiques.
La seule façon de mon point de vue d’éviter le pire est de s’arc-bouter sur les principes laïques révolutionnaires de la République : Liberté Egalité Fraternité.
Si tu veux la paix, prépare la paix.
Dit autrement : parlons-nous de nos problèmes communs.
