Le Projet d’Aménagement et de Développement Durables de l’interco Entre Bièvre et Rhône

Il nous engage pour 14 ans et doit être une déclinaison du SCOT (défini par qui ?) qui lui est défini pour 20 à 25 ans.
Les gens qui pensent que les politiciennes et politiciens ne pensent pas le temps long, mais seulement leur mandat et leur réélection, font une erreur de diagnostic. Ils se réservent ce pouvoir, celui du guide qui a une vision de l’avenir car ils ont la hauteur que nous n’avons pas,  et nous laissent penser la fin du mois. La constitution nous assigne au statut d’aveugle mutique.

 

Comme nous avons été invité à faire des commentaires sur ce projet, j’ai adressé les critiques suivantes.

Quelques idées posées sous forme interrogative. Je les justifierai un peu plus loin. Certaines sont anecdotiques, elles relèvent du solutionnisme.

J’ai conscience d’être injuste à certains endroits, je vous prie de m’en excuser ; c’est le défaut de tout discours généraliste.

  • Faut-il créer une convention citoyenne ? Est-il encore temps ?
  • Faut-il penser Développement Durable ou Habitabilité ?
  • Faut-il aménager le territoire à partir de la circulation de la production, des producteurs et consommateurs, ou à partir de la problématique de l’eau ? Soit penser en bassin versant.
  • Faut-il récupérer l’eau des toits de nos institutions pour la rendre potable ? Ou utiliser cette eau non potable pour d’autres besoins ?
  • Faut-il vraiment développer la filière bois-énergie ? Alors qu’on sait que c’est le puit-carbone naturel qui doit nous permettre d’atteindre l’objectif de neutralité carbone.
  • Faut-il autoriser l’agro-voltaïsme, y compris sur les friches ou faut-il diminuer notre consommation énergétique et laisser la nature régénérer les espaces pollués ?
  • Doit-on créer des ouvertures dans nos murs, nos clôtures, pour favoriser la libre circulation de la faune ? 
  • Doit-on autoriser la peinture blanche sur les toits pour réduire la T° des logements ?
  • Doit-on favoriser les toits plats végétalisés ou peints en blancs ou en clair ?
  • Doit-on limiter les surfaces constructibles pour maisons individuelles à 600 m2 ?
  • Doit-on, suivant les zones, permettre (voire obliger un jour) le partage du terrain construit supérieur à 1500 m2, sauf si boisé et ouvert à la libre circulation des animaux, au moins les petits ?
  • Doit-on faire obligation aux institutions de l’Etat de construire en terre, en pisé, ses locaux, notamment les établissements scolaires ?
  • Doit-on interdire ou permettre les coupes rases des bois et forêts ?
  • Doit-on développer un réseau d’eau non potable ? 
  • Doit-on favoriser l’installation et l’utilisation de wc secs, privés et public, et organiser une noria avec le secteur agricole ?

 

Argumentaire

Mettre les enfants au centre de nos attentions
Nous décidons pour eux du monde dans lequel ils vivront. Ce n’est pas un leg, ce n’est pas un héritage, car un héritage fait l’objet d’un choix, on peut prendre ou le refuser, or ils n’ont pas le choix ; il s’agit d’une aliénation. Nous les aliénons à un certain nombre de choses qu’ils ne pourront ni refuser ni transformer ; c’est eux qui devront se transformer pour s’adapter. C’est d’une injustice totale.

Mettre les enfants au centre, tous les enfants, c’est évaluer toutes nos solutions prioritairement à l’aune de leur vie actuelle et future car c’est eux qui les vivront.

Penser en terme d’HABITABILITÉ vs Développement Durable

Peut-être que le DD fait l’unanimité parmi les élu(e)s, « nos représentants », pourtant il ne le fait pas dans la population ce qui témoigne d’un déficit démocratique. Ce concept a-t-il fait l’objet d’un débat ? Au moins d’une critique ?

Parler d’adaptation et de résilience, de cadre de vie, c’est penser l’environnement comme le décor de nos exploits et non pas comme la condition de notre survie. C’est se situer dans l’urgence de vivre encore et toujours avec la même règle du jeu : celle du conflit perpétuel, de la compétition pour les places au soleil. 

Penser en terme d’habitabilité c’est intégrer la dimension sanitaire – de toutes de tous, et du vivant non humain – ; dimension que l’on a tendance à mettre sous le tapis par clientélisme. Aucune liberté n’a de sens dans un territoire inhabitable.

Sans cette inscription-là, les Solutions Fondées sur la Nature (SFN) – qui ne manqueront pas de soulever l’enthousiasme pour faire du greenwashing autrement – qui sont intéressantes voire incontournables dans bien des cas, ne seront qu’une façon d’optimiser la nature, de la contrôler toujours plus, pour ne rien changer à la logique de croissance (de DD) ; et on les mettra en compétition avec les solutions technologiques. C’est de l’utilitarisme. Or s’appuyer sur la nature pour s’y inscrire comme une partie d’elle, et réciproquement, c’est un choix éthique et pas économique, le choix philosophique et politique de l’anti-utilitarisme.

Le droit à la nature. La qualité de vie, l’habitabilité, c’est aussi le libre accès à la nature, ce qui n’est plus le cas en France suite à une loi récente destinée, à l’origine, à préserver les chasses privées. Le conseil communautaire peut se prononcer contre le principe de cette loi qui assigne à résidence la population, et encourager les décrets municipaux pour nous libérer de certaines contraintes. 

La liberté de circulation… des animaux ; et pas seulement des capitaux. Nous partageons l’objectif de défendre la biodiversité, et vous faites quelques propositions. Mais nous autorisons les murs de clôture (de véritables barricades de 2 voire 3m) ce qui réduit considérablement la possibilité de la biodiversité de s’immiscer, de circuler, de s’adapter à notre présence, et réciproquement. Nous avons donc un discours contradictoire qui consiste à parquer la biodiversité (ou nous parquer nous-même) comme on le fait avec des zoos. On ne peut plus vivre séparément – je pense aux petits animaux – nous devons changer de rapport au vivant non humain pour le tolérer dans nos espaces ; c’est la condition pour faire tomber des murs et créer des ouvertures.

Changer de rapport au vivant, c’est aussi laisser la flore libre de son exubérance. Faire propre (le cadre de vie) c’est faire mort. La nature c’est l’exubérance, nous devons renoncer aux destructions esthétiques (?) et systématiques, y compris dans les espaces urbains, ce que la population ne peut comprendre que si les raisons du choix politique sont affichées clairement, ou si c’est décidé par la population elle-même. Je ne doute pas pour ma part qu’elle puisse comprendre l’enjeu.

Penser à partir du cycle de l’eau (voir tous les hydrologues)

Après avoir aménagé les territoires pour nous débarrasser de l’eau le plus vite possible, il est question aujourd’hui de la stocker ; on sera d’accord. Oui mais où ?  Tout l’enjeu conflictuel est dans la réponse à cette question.

La bataille de l’eau et pour l’eau a commencé, nous devons la transformer en conflictualité  démocratique et opportunité de faire communauté. Si nous voulons vivre en paix, nous devons penser en terme de bassin versant. Nous devons aménager le territoire autour de la circulation et l’infiltration de l’eau, de façon à profiter d’elle au maximum de son parcours, et non pas autour de son accaparement : que ce soit par l’amont au détriment de l’aval, que ce soit des puissants ou des minorités organisées au détriment des plus faibles. Ceci devrait apparaitre en préambule du PADD, ou devrait faire l’objet  d’une consultation citoyenne, car sans débat démocratique vous imposerez sous couvert d’urgence (que vous n’avez pas déclarée précédemment je le rappelle) et de bon sens,  comme une évidence, des bassines à tous les étages ; une facilité qui se retournera contre nous à court terme. Remarque : si les puits d’infiltration sont indispensables, les bassines ne le sont pas.

Ceci étant, récupérer l’eau des toits, notamment des institutions publiques, pour la filtrer et la mettre à la disposition de la population en cas de pénurie, me semble  nécessaire.

Être attentifs dans nos projets à ce qui n’est pas recyclable à court et moyen terme afin de les réduire drastiquement. Que ce soit en terme de constructions ou de matériaux de constructions, de techniques agricoles, de production de plastique, de CO2, de..

Nota : nos déjections sont recyclables, et elles étaient utilisées en France en agriculture il y a peu, et retrouvent leur fonction nourricière de la terre dans nombre de pays à l’environnement hostile. Elles seront des ressources de plus en plus importantes au regard de la pénurie d’engrais qui s’annonce. Peut-être faudra-t-il repenser la collecte publique, et le lien avec le secteur agricole. Construire encore des wc publics à l’eau potable ne correspond plus à la situation.

S’occuper de toutes les insécurités (voir ci-joint)

Il faut les nommer en ces termes me semble-t-il, notamment les insécurités climatiques écologiques et sanitaires, mais pas seulement. Il doit y avoir quelques réponses en terme d’aménagement à quasiment toutes ces insécurités.

Penser en terme robustesse (voir Olivier Hamant)

L’optimisation, la spécialisation, nous fragilise dans un monde de plus en plus aléatoire ; les exemples se multiplient. Nous devons nous comporter en généralistes, c’est-à-dire être adaptables plutôt qu’être excellemment adaptés.

Par exemple, repenser les techniques agricoles, mais aussi de construction. On sait que faire du béton c’est produire du CO2. Or nous n’avons plus de budget CO2.

Penser en terme de justice sociale

La répartition de l’espace entre les individus se fait spontanément suivant des critères de pouvoir et d’argent. Or nous n’avons plus d’espace à prendre à la biodiversité, nous devons partager ce qui est déjà pris avec les nouvelles générations, nous devons admettre une limitation de l’expansion y compris de la propriété privée, et repenser le partage de l’existant. Par exemple, pour être cohérents avec les enjeux, nous devrons  rendre certaines propriétés accessibles à la division quand elles ne sont pas utilisées pour la biodiversité. La construction de maisons individuelles sur des lots de plus de 600 m2 (à la louche) est incompatible avec la problématique à laquelle nous sommes confrontés. Sauf électoralisme… ou choix démocratique explicite. (« ZAN 0%… en 2050 »(?))

Les aides diverses et variées vont à celles et ceux qui possèdent un bien –  qui en sera bonifié – pas aux locataires qui seront qualifiés d’assistés. Par exemple, un propriétaire qui se fait aider pour isoler son logement, en profitera pour augmenter le loyer. Au final c’est le locataire qui paiera l’investissement ; si je sais bien compter. Comment se prémunir de ces multiples injustices si on ne les repère pas et on ne les nomme pas ?

Changer nos références

Nous avons l’habitude de penser en terme d’investissements financiers et de solutions technologiques, qui sont autant d’opportunités de faire fructifier un capital, mais nous n’avons plus de budget CO2, plastiques à fabriquer, biodiversité à détruire, bois à couper, sols à stériliser, eau à polluer. 

Nous devons penser avec ces nouvelles références, ces nouveaux (non)budgets, et les afficher explicitement dans tout projet d’aménagement ; penser en terme d’investissements humains, de solutions collectives, en terme de renoncements.

Critiques sur le fond idéologique 

Je voudrais vous faire part de mon inquiétude sur la représentation que vous avez des problèmes écologiques et sanitaires, et donc des solutions que vous imaginez, consensuellement semble-t-il, ce qui ne laisse pas de me surprendre.

De mon point de vue, le PADD est un catalogue de solutions, plutôt banales et consensuelles pour beaucoup, qui nous feront louper les véritables objectifs écologiques (au sens propre du terme) et sanitaires, et ceci pour plusieurs raisons dont la plus cruelle est… qu’ils ne sont pas les vrais objectifs, tout simplement.

Le vrai objectif politique est d’une autre nature, économique celle-là, posé comme un postulat, par définition non-négociable car allant de soi : le développement, si possible durable encore un peu en attendant des solutions miracles, mais développement de toute façon. Est-ce vraiment partagé par les élu(e)s ? Il semblerait que oui car je n’ai pas entendu de voix dissonantes. Mais la question a-t-elle été posée seulement lors d’un conseil ?

 

Avons-nous la même représentation des choses ?

  • 1 Quelle représentation avons-nous des problèmes auxquels nous sommes confrontés ? 

Le rôle fondamental des élu(e)s est de s’occuper de la sécurité de la population, mais dans tous les domaines de la vie et pas seulement le domaine économique où l’on peut croire que l’intérêt des investisseurs –  à différencier des investissements – est le même que celui du salarié.

Sans euphémisme, le postulat du PADD est me semble-t-il : il faudrait être attractif pour attirer les capitaux qui feront les emplois (et les bénéfices) de demain, et pour ça il faut des conditions de vie satisfaisante pour attirer les jeunes couples qui feront les travailleurs de demain. L’angoisse associée : si on n’est pas attractif, les capitaux investiront ailleurs et on va dépérir et mourir in fine. Cette angoisse nous rend prêts à tout pour les attirer, y compris à les payer. Cette logique, injuste socialement, qui consiste à profiter d’une position dominante pour organiser la société, y compris son aménagement, nous l’avons clairement sous les yeux avec les médecins.

Il faudrait se développer en cohérence avec une identité régionale et des finalités qui ont été définies ailleurs (tourisme, agro-tourisme, montagne, industries chimiques,.. ), nourries par la même angoisse.

Le PADD pense, semble-t-il, l’environnement en terme de décor de nos exploits, alors qu’il est la condition même de notre survie. Ces deux conceptions peuvent s’opposer fortement. Je proposerai un débat démocratique pour remplacer le Développement durable (un oxymore) par Habitabilité pérenne (tenir de la réalité physico-chimique).

Il est question de changement climatique, changement qui génère des aléas par définition imprévisibles… sauf leur imprévisibilité leur gravité et leur fréquence. Vous parlez de résilience, c’est-à-dire de résistance aux épreuves mais sans changer fondamentalement la logique économique et technophile, la logique de compétition ; il s’agirait d’être plus forts que les éléments. Si on est d’accord sur le sens du mot aléas, alors on devrait parler en terme de robustesse,  d’habitabilité, d’adaptabilité, donc de collaboration et de solidarité.

  • 2 Quelle représentation avons-nous des conséquences si on loupe les objectifs climatiques écologiques et sanitaires ? 

Je ne sais pas où trouver cette information. Cette question est fondamentale, d’une part parce que toute décision n’a de sens que si l’on connait les conséquences en terme de réussite ou d’échec, d’autre part au sens où elle définira notre motivation collective et les limites que nous ne voulons pas franchir, quitte à changer de modes de vie, de méthode, d’organisation ; c’est-à-dire ce à quoi nous sommes prêts à renoncer.

  • 3 Quelle représentation avons-nous du degré d’urgence ? 

Je ne le sais pas car le Conseil d’EBER n’a jamais déclaré aucune urgence, ni écologique, ni climatique, ni hydrique, ni sanitaire, ni démocratique, voire certains ont dit ou laissé entendre qu’il n’y en avait aucune. Quand le fera-t-il ? Quand nous n’aurons plus d’autre choix, dans la panique, que des solutions technologiques et de toujours plus de contrôle de l’environnement et du vivant ? Je crains que les aléas climatiques ne fassent effet d’aubaine pour cette logique.

  • 4 Quelle représentation avons-nous des limites du développement ? 

Qui a demandé un vote politique pour se positionner sur cet oxymore qu’est le  concept de développement durable ? Et éventuellement proposer une autre façon de repenser le territoire, par exemple en terme d’habitabilité et de justice sociale ? Cette finalité de l’aménagement du territoire fait-elle vraiment consensus ? Si oui parmi les élus – ce qui semble être le cas – alors c’est la preuve du déficit démocratique car les enquêtes sociologiques universitaires montrent que la population ne partage pas cette fuite en avant.

Nous sommes à + 2° + 2,5° en France (+1,5° pour la planète, et on voit les dégâts), et  nous devons nous préparer à une France à + 4° en fin de siècle, mais aussi à produire des puits carbone naturels (2t/pers/an en 2050 !). Chiffre du ministère de la transition écologique que le PADD ne rappelle pas, or l’Etat conditionne ses aides à la prise en compte explicite de cette contrainte ; ça devrait conditionner donc tous les projets. Nous devons aussi restaurer les sols, la biodiversité etc.. Par exemple, encourager la filière bois-énergie comme vous le projetez est un contre-sens en terme d’habitabilité ; pas économique à court terme.

  • 5 Quelle représentation avons-nous de ce à quoi devrait ressembler le futur ?

L’ADEME a publié, à la demande du gouvernement, 4 scénarios. Nota : tous devant être croissants sur le plan économique, ce qui devrait s’avérer impossible de toute façon. Le conseil a-t-il débattu et voté pour l’un de ces scénarios ? Si on ne s’inscrit pas dans une perspective explicite, c’est que par défaut on s’inscrira dans celle du pouvoir économique hégémonique, donc le scénario 4. Cela fait-il consensus parmi les élu(e)s ? Comment le savoir, nos « représentants » ne se sont pas exprimés et ne savent ce que pense la population. Le scénario 4 est celui de l’anarcho-capitalisme, de la géo-ingénierie et du transhumanisme ; l’exact opposé par exemple d’un système collaboratif, solidaire et laïque qui placerait l’humain, et notamment les enfants, au centre et l’économie à son service.

    • 6 Quelle représentation avons-nous de la propriété privée ?

Elle est sacrée depuis la Révolution et indissociable de la liberté et de la sécurité, mais elle a sacrément évolué. C’est au nom de ce sacré que des personnes refusent toute contrainte sur leur « territoire »,  que des élu(e)s l’admettent par électoralisme peut-être, et cherchent des solutions impossibles pour faire des omelettes sans casser des oeufs. Il faut avoir fait un diagnostic correct de la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons pour admettre que personne n’est maître chez lui. C’est la base de la justice sociale et de la vie pacifique en société.

Nota : la biodiversité n’a pas de titre de propriété ; la branche sur laquelle on est assis non plus.

Pour finir

Il me semble que la situation actuelle est le fruit de choix politiques qui ne sont pas nommés et pas analysés ; et d’un déficit démocratique qui ne peut plus durer.

Au regard du nombre de participants aux réunions préparatoires, la consultation populaire est un échec. On peut mettre en cause la population bien sûr, on peut aussi s’interroger sur les limites de la méthode participative utilisée.

Ce qui est sûr, c’est que la démocratie délégative (appelée faussement représentative), à cause du lobbying et du clientélisme qui la particularisent et la discréditent, a trouvé sa limite. Nous devons en partager le constat pour tourner la page, ouvrir enfin celle d’une autre souveraineté ; même s’il faudra inventer une autre façon de faire communauté. C’est de mon point de vue la seule issue pacifique face aux épreuves qui nous attendent ; et que nous avons crées.