Juin 2025. Mme Dézarnaud – députée à cette époque, redevenue aujourd’hui présidente de l’intercommunauté EBER après le retour à la députation de M. Neuder ministre de la santé – a répondu à une interpellation de Rachel Rousselle, paysanne à la ferme du contrevent, au sujet de son vote de la loi Duplomb.

“Bonjour ! 

Je comprends vos inquiétudes, mais permettez-moi d’apporter quelques éléments de clarification.

L’acétamipride n’a jamais été interdit pour des raisons sanitaires : l’ANSES ne lui a jamais retiré son autorisation, et l’EFSA l’a même réapprouvé. Aujourd’hui, il est autorisé dans tous les autres pays de l’Union. 

Ce que la France a fait, c’est s’imposer une surtransposition, en voulant être plus vertueuse que les autres, mais au détriment de nos propres filières. Résultat : une concurrence déloyale, des productions fragilisées, et une perte de souveraineté alimentaire. Ce n’est pas le principe de précaution qui s’applique ici, car les données scientifiques sont claires.

Concrètement, si rien n’est fait, certaines filières risquent de disparaître, comme celle de la noisette, ou même des productions emblématiques comme les fraises ou le kiwi. Et nous finirions par importer ces mêmes produits, traités avec l’acétamipride ailleurs, avec en plus une empreinte carbone plus lourde. C’est un non-sens. 

La mesure votée est très encadrée : elle ne concernera que les situations de blocage, pour une durée limitée à trois ans, avec un avis systématique de l’ANSES et d’un conseil de surveillance. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi, mais de trouver des solutions pragmatiques et responsables. 

Ce vote, c’est un choix de confiance dans la science, de cohérence européenne, et surtout de soutien à nos agriculteurs. 

En espérant pouvoir en discuter avec vous

Bien à vous,

Sylvie Dezarnaud”   

———————————

Voici mes commentaires adressés à Mme Dezarnaud

Bonjour Madame

Je viens de lire votre argumentaire sur la loi Duplomb que fait suivre Rachel de la ferme du contrevent.

Sur la loi Duplomb – M. Duplomb ne parle pas que d’un pesticide mais d’une conception technophile et industrielle de l’agriculture – vous vous appuyez sur la science pour prendre une décision politique, alors on doit pouvoir parler sérieusement de notre rapport à la science. Votre rapport personnel notamment et non pas celui de votre parti ; pour ma part je n’ai pas de parti ni de parti-pris a priori dans aucun domaine.
– Vous n’avez pas dit publiquement ce que vous pensez des rapports du GIEC et de l’IPBES et des conclusions politiques que vous en tirez. Pourriez-vous le faire un jour lors d’un débat à organiser où il vous plaira ?
– Vous n’avez pas dit ce que vous pensez des rapports scientifiques de l’ADEME et de leur appel à déclarer l’urgence climatique ; vous n’avez pas dit dans quel scénario de l’ADEME vous situiez votre action.`Pourriez-vous le faire un jour lors d’un débat à organiser où il vous plaira ?

J’ai sollicité les élus via mon web-courrier L’accord du Peuple n° 6 sur une question qui doit nous permettre de nous distinguer valablement les uns des autres, voire nous opposer lucidement :

A qui appartient la planète et ce qu’elle contient ? C’est la question philosophico-politique socle pour dire quelle humanité nous voulons être, et ce que nous ne voulons pas être. Dit autrement, pensez-vous que :

  • 1, nous en sommes les propriétaires. Nous pouvons nous développer sans contrainte, sans autre limite que celle de notre survie, donc décarboner (protéger seulement ce qui nous est indispensable ou agréable ; fonction utilitariste du vivant). C’est la position je pense de votre parti politique, mais est-ce bien la vôtre ?
  • ou 2, nous ne sommes ni les maîtres ni les propriétaires. Nous devons nous limiter dans l’espace et laisser suffisamment de place au reste du vivant pour vivre en harmonie voire en symbiose ; ceci même si nous avons les moyens technologiques – et en toute sécurité – de faire sans lui. Dans ce cas ça doit se voir dans le PLUI. Si c’est la vôtre, alors ça devrait se voir dans vos choix politiques.

Très cordialement

Stephane Foucart, le Monde (la loi Duplomb)”..voté contre vingt-deux sociétés savantes médicales, contre la Ligue contre le cancer, contre les administrateurs et les personnels de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (l’ANSES), contre le troisième syndicat agricole de France, contre la Fondation pour la recherche médicale, contre vingt mutuelles, groupes mutualistes ainsi que la Fédération des mutuelles de France, représentant plusieurs millions d’assurés, contre le Conseil scientifique du CNRS, contre la Fédération des régies d’eau potable, contre des centaines de médecins et de chercheurs qui ont signé intuitu personae des tribunes et des lettres ouvertes.”